Deux autres textes au sujet d'Auroville, pour Auroville

Deux autres textes au sujet d’Auroville, pour Auroville :

« INVERSION »

« OU EST LE CHEMIN ? »

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INVERSION Un véritable progrès peut- il émerger d’une inversion ?

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Voici un document qui a été diffusé par les Auroviliens qui travaillent avec la Fondation Auroville et sa Secrétaire, informant de la décision prise par la Cour Suprême. « Jugement de la Cour Suprême de l’inde en faveur de la Fondation Auroville, le 18 Mars 2025. Communiqué de presse issu par la Fondation : ‘La Fondation Auroville, corps autonome placé sous le Département de Haute Education, Ministère de l’Education, Gouvernement de l’Inde – Auroville 60510 Tamil Nadu. La Cour Supreme confirme l’Autorité de la Fondation et valide l’exécution du Plan urbain. La Fondation Auroville se félicite des récents jugements émis par l’Honorable Cour Suprême de l’Inde le 17 Mars 2025, qui ont renforcé l’autorité du Comité Directeur pour exécuter la vision d’Auroville telle que la Mère l’a conçue et telle qu’elle fut approuvée par un plan statutaire, et ont clarifié le rôle que doit jouer l’Assemblée des Résidents. La Fondation était représentée par le procureur général de l’Inde, Mr.R.Venkataramani, l’Avocat Mr.Vaibhav Venkatesh, le Conseiller légal de la fondation et Avocat Mr.Balaji Srinivasan. Verdict au sujet de l’autorisation environnementale du Plan urbain d’Auroville – procès intenté contre la fondation Auroville par Navroz Kersasp Mody / Ors. (C.A. 5781-5782 de 2022), la Cour Suprême : rejette les directions émises par le Tribunal Vert National qui avaient interrompu la construction de la Route de la Couronne ainsi que d’autres projets d’infrastructure en accord avec le Plan Urbain ; affirme que le Plan Urbain – originellement envisagé par la Mère et officiellement approuvé par le Comité Directeur et le Gouvernement de l’Inde en 2001, puis notifié en 2010, a une force statutaire et ne requiert aucune nouvelle autorisation environnementale ; confirme que la Route de la C ouronne ainsi que d’autres projets attenants font partie d’un même Plan statutaire et ne peuvent être interrompus par l’invocation d’un Principe de Précaution quand aucune question substantielle de loi environnementale n’est impliquée ; confirme également que l’aire en question (Darkali) n’était pas une forêt et par conséquent ne requerrait aucune permission environnementale selon l’Acte de Conservation des Forêts de 1980.

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Voici quelques extraits pertinents du jugement : Para 17 : ‘Il est également vrai que , tandis que le droit à un environnement salubre est un droit fondamental garanti par les Articles 14 et 21 de la Constitution de l’Inde, le droit au développement par l’industrialisation reçoit également priorité comme droit fondamental, particulièrement selon les Articles 14, 19 et 21 de la Constitution de l’Inde. Il y a donc une nécessité d’un « Développement Durable » harmonisant et instaurant un équilibre d’or entre le droit au développement et le droit à un environnement salubre.’ Para 18 : ‘… dans le cas en question, aucune objection environnementale substantielle n’a été présentée, ni aucune violation des conditions spécifiées dans le Protocole 1 n’a été dénoncée. Le Tribunal Vert a donc commis une erreur grossière en empruntant la juridiction et en émettant des directions légalement inacceptables.’ Para 19 : ‘Dans cette perspective, les ordres émis par le Tribunal se trouvant en- dehors de la juridiction et légalement inacceptables méritent d’être annulés et rejetés, et ainsi le sont- ils.’ En résumé, le verdict de la Cour reconnaît que la Fondation Auroville a agi pleinement en accord avec la loi et que ses efforts développementaux sont alignés sur un Plan Urbain légalement approuvé qui ne requiert aucune permission environnementale supplémentaire. Dans un procès distinct, la Fondation Auroville contre Natasha Storey (C.A. No. 13651 de 2024), la Cour Suprême a : Rejeté le jugement de la Haut Cour de Madras qui a incorrectement invalidé l’Ordre No. 01/2022 émis par la Fondation Auroville pour la reconstitution du Conseil pour la Planification et le Développement de la Ville - Réaffirmé que le Comité Directeur de la Fondation Auroville a pleine autorité selon l’Acte de Parlement de 1988 de constituer et reconstituer tout comité, incluant le Conseil pour la Planification et le Développement, pour l’exécution efficace du Plan Urbain – Clarifié que le rôle de l’Assemblée des Résidents est de nature conseillère et n’inclut pas le droit de nommer les membres des comités constitués par le Comité Directeur – Noté que les plaintes et divers procès intentés par certains résidents dans le but d’obstruer le progrès d’Auroville constituent un abus procédural, et imposé une amende de INR 50,000/- à l’auteur de la pétition pour son caractère de frivolité. Jugement au sujet des Ordres permanents et des pouvoirs du Comité Directeur de la Fondation Auroville :

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En bref, la Cour Suprême a réaffirmé la suprématie du Comité Directeur pour superviser le développement d’Auroville et validé l’Ordre 01/2022 ayant pour but d’assurer l’exécution du Plan Urbain approuvé. Extraits pertinents du Jugement : Para 16 : « Ayant lu et consulté les provisions de l’Acte de Parlement et les Règles conjointes, il ne demeure aucun doute que le Comité Directeur est pourvu de tous les pouvoirs et peut légitimement exercer toutes les fonctions de la Fondation Auroville, et que la supervision, la direction et la gestion des affaires de la Fondation reposent avec le seul Comité Directeur » Para 17 : « au sujet des provisions statutaires de l’Acte et des Règlements, notre opinion est que l’Ordre du 01.06.2022 incluant l’Ordre No 01/2022, ne souffre d’aucune infirmité légale. Aucun droit légal ou statutaire n’est nulle part accordé à l’Assemblée des Résidents ou à aucun résident individuel d’être part d’auc un comité ou conseil constitué par le Comité Directeur dans l’exercice de ses pouvoirs conférés par la Section 11(3), 16(1) et 17(e) de l’Acte selon la Règle 5(1) et 5(2). Les fonctions de l’Assemblée des Résidents se limitent à conseiller le Comité Directeur quant aux activités des Résidents d’Auroville et à émettre ses recommandations comme le spécifie la Section 19 de l’Acte, et pas davantage. Para 18 : “Selon cette perspective, nous sommes de l’opinion que la Haute Cour s’est égarée en mésinterprétant les provisions de l’Acte et en interdisant la Notification de l’Ordre émis le 01.06.2022. Cette mesure gravement erronée mérite d’être rejetée et, par conséquent, est ainsi rejetée. Para 19 : Comme nous l’avons démontré, des résidents mécontents et insatisf aits n’ont eu de cesse d’enregistrer des plaintes et d’initier des procès, entraînant la Fondation dans autant d’inutiles litiges. Cette Pétition enregistrée par la répondante à la Haute Cour était l’une de ses plaintes répétées malintentionnées pour abuser de la procédure légale, affecter le développement d’Auroville et causer des obstructions dans le fonctionnement ordonné du Comité Directeur de la Fondation. Par conséquent, nous autorisons l’amende de INR 50,000/ - qui doit être remise par la plaignante a u Service Légal de la Cour Suprême d’ici deux semaines. »

Engagement pour la Vision et la Croissance d’Auroville : la Fondation Auroville demeure entière dans son engagement à réaliser la vision de la Mère – établir une cité internationale dédiée à l’unit é humaine.

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Avec le soutien sans équivoque de la Cour Suprême pour le Plan Urbain, confirmant les pouvoirs du Comité Directeur, Auroville peut à présent aller de l’avant sans plus d’obstacles légaux ni d’obstructions inutiles. La Voie : l’exécution du prog ramme « Vision Auroville » reprendra tous les projets d’infrastructure en attente, incluant la Route de la Couronne et les développements attenants. Le Conseil pour la Planification et le Développement poursuivra son travail en accord avec la structure reconstituée par le Comité Directeur. La Fondation demeure déterminée à garantir la transparence, la responsabilité et la croissance tout en servant la mission d’Auroville. Gratitude et Appel à la Collaboration : tous les résidents et les participants sont invités à joindre leurs mains dans ce voyage de croissance et de progrès en soutenant tous les efforts pour exécuter la vision d’Auroville. La coopération et l’harmonie collectives sont essentielles pour accomplir la destinée d’Auroville comme un phare d’un e réelle unité humaine.

(Emis par : Sindhuja, coordinatrice légale de la Fondation Auroville, le 17 Mars 2025)

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Désormais et dorénavant, selon le décret de la Cour Suprême de l’Inde émis le 18 Mars 2025, presque exactement 57 ans après son inauguration, Auroville doit et devra s’adapter à une inversion. Le Comité Directeur de la Fondation Auroville, dont les membres, le Président et la Secrétaire sont choisis par le Gouvernement Central de l’Inde, doit déterminer, diriger et conduire les affaires d’Auroville, son développement et son progrès selon sa compréhension de la vision de la Mère d’une cité internationale dédiée à l’unité humaine. Les résidents d’Auroville peuvent communiquer leurs vues au Comité Directeur, mais n’ont aucune autorité pour mettre en œuvre quelque décision que ce soit, et aucun processus de coopération ou de collaboration n’est proposé.

Comment le Comité Directeur va-t-il trouver son chemin pour manifester l’unité humaine, n’est pas spécifié.

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Voici donc où nous en sommes. Ayant atteint ce retournement, ou cette inversion, que certains Auroviliens célèbrent – pour le moment - , qu’allons -nous faire, que peut-on faire ? Faire, résister, offrir, abandonner, opposer, essayer d’ignorer, saboter, saper, ou céder, s’adapter, ou défier, contrer, affronter avec d’autres procès, d’autres appels à quelque soutien extérieur ? Est-ce – cette massive prise de contrôle - tout à fait injuste, arbitraire, l’action d’un système obscur et hostile ou d’une association de forces cherchan t à s’emparer et profiter de ce joyau prisé que l’Auroville matérielle est devenue – apparaissant à présent comme un filon profitable pouvant être exploité au bénéfice de la nation sur la scène internationale, pourvu que toute opposition soit démantelée ? Est-ce donc une intervention injustifiée, infondée, une sorte de punition qui s’exerce ? Ou s’agit - il d’une tornade passagère, d’un caprice des circonstances et des configurations politiques, sans réel rapport avec le développement de la communauté ? Et po urtant, regardant en arrière et se souvenant des années passées, n’il y avait- il pas plus d’un signe d’une intrusion imminente, ou de l’affirmation d’une revendication longtemps assoupie à la pleine possession d’Auroville par le Gouvernement central, et mê me d’un appel interne à ce que cela se produise, afin de « redresser » la situation, de la corriger et la réaligner, selon un sens particulier des priorités ? Et n’il y avait - il pas plus d’un symptôme d’une érosion graduelle de notre engagement et de notre aspiration ? Ainsi, à présent, comment allons-nous absorber cette amère médecine, laisser tomber nos arguments futiles et nos postures défensives, sans abandonner notre engagement ni céder à l’image de la perte et de la défaite ? Il est peut-être néce ssaire de commencer par tirer lucidement la leçon d’une honnête évaluation des années écoulées, en termes de devenir conscient – en termes de progrès de notre conscience collective et individuelle ; car en effet, avons-nous vraiment, nous tous et tout le temps, été fidèles à notre don de soi initial, à notre engagement originel à servir l’avènement de la

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Conscience de Vérité en tout ce que nous sommes et tout ce que nous « faisons » ? Ne nous sommes-nous jamais relâchés, satisfaits de moindres gains, n’avon s-nous point négligé le foyer et la flamme ? N’avons - nous point accepté diverses justifications pour l’augmentation du mélange parmi nous, l’attrait de moindres motivations et priorités dans nos vies ? Quoiqu’il semble nous arriver, à chacun de nous comme à nous tous, la seule façon de l’assimiler est d’apprendre la leçon que cela est venu nous donner sur notre chemin à l’union et l’unité. Cependant, quelles que soient nos nécessités dans les termes de notre sadhana collective, nous savons que le laboratoire et le creuset d’Auroville doit travailler et agir sur les contradictions qui occupent, obstruent et déchirent, sous tant d’apparences, l’humanité tout entière dans chaque pays et chaque société, contradictions qui DOIVENT être résolues si elle doit accéder à un avenir plus harmonieux sur la Terre. L’une de ces contradictions est l’opposition entre le développement et l’équilibre naturel. La Cour Suprême, dans son jugement, l’a formulé ainsi : « … en harmonisant et en établissant un équilibre d’ or entre le droit au développement et le droit à un environnement salubre… », se référant à la Constitution. On peut identifier cet équilibre d’or de plusieurs autres manières, telle que l’équilibre entre le progrès extérieur et la croissance intérieure d e la conscience, ou bien entre une avance créative et innovatrice et un devenir organique et circulaire, ou bien encore entre l’imposition d’un nouvel ordre sur la vie et les circonstances et l’aspiration pour qu’une harmonie nouvelle émerge de l’expérience vivante… Beaucoup, sinon la plupart, de nos difficultés au cours des dernières décennies sont issues de notre incapacité à réconcilier ces tendances ou ces motivations opposées, soit parce que nous tentions de le faire par des *

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moyens mentaux dépassés, s oit par attachement à l’identité et au positionnement qu’elles présentaient. Néanmoins, l’ « ON » nous a dit, clairement et de façon répétée, qu’il ne s’agit nullement de donner à chaque tendance le même « droit » à l’expression, mais qu’il s’agit en vérité d’atteindre à une conscience qui les inclut et les intègre dans une harmonie qu’il nous reste à découvrir. Ce n’est pas seulement pour notre propre destinée, la destinée d’Auroville, que nous devons trouver le chemin en avant : c’est pour l’humanité dan s son ensemble. Partout où l’on regarde, à présent, l’on voit les effets de cette dichotomie se multiplier à grande vitesse, avec des conséquences qui peuvent devenir irréversibles jusque dans la constitution même de la matière. Nous avons d’une part un plan d’une ville « prêt à descendre » dans la réalité physique afin de hâter la manifestation de cette vision de l’avenir qu’il représente ; et nous avons une expérience d’une conscience collective qui cherche à croître et se développer organiquement selon les nécessités de la vie alors que la conscience nouvelle s’y infiltre, sans aucune imposition ni aucun critère prédéterminé et en harmonie avec un environnement naturel prospère. Et les deux approches peuvent être trouvées dans les paroles de la Mère. A travers les années, bien des tentatives de communiquer et de collaborer ont été faites, comme aussi des tentatives de neutraliser l’une ou l’autre de ces approches, ou bien d’instaurer une sorte d’expression hybride des deux à la fois. En termes plus généraux, la contradiction se situe entre une vision qui cherche à diriger l’évolution d’une situation particulière afin d’y manifeste r un exemple de l’harmonie collective consciente qui doit venir régner sur la Terre, d’une part et, de l’autre part, le sens d’une croissance et d’un progrès qui cherchent à respecter et honorer tous les aspects de l’existence et de l’intégrité naturelle vers la réalisation d’une plénitude et d’une harmonie encore inconnues de l’humanité. Regardons ainsi cette contradiction exemplaire avec laquelle nous avons vécu en Auroville depuis plus de cinquante ans :

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Il se peut bien que toutes deux soient nécessaires.

Comment, donc, résoudre une telle contradiction : D’abord, l’on doit attentivement s’assurer qu’aucune des deux appro ches n’essaiera de s’affirmer aux dépens de l’autre. Puis, en exerçant ce soin et cette attention, chaque approche va réaliser qu’elle a besoin de l’autre pour être entière. Et enfin, l’on découvre que les deux approches, une fois que chacune a intégré l’autre, sont devenues une seule et même base et la fondation vivante pour la voie de l’avenir sur la Terre.

Ceci est peut- être ce qu’il nous faut apprendre maintenant.

Mais souvenons-nous que le temps presse, pour « l’humanité dans son ensemble » et pour toute la Terre.

Salutations !!!

Divakar »

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OU EST LE CHEMIN ?

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Le 5 Mai, 2025 – Auroville :

« Où sommes-nous ? Où est le chemin du progrès véritable, à partir d’aujourd’hui ?

Nous confrontant aujourd’hui, comme au garde -à-vous, se tiennent les contradictions qui, depuis des décennies, nous obstruent, nous troublent et nous affectent, nous influencent et nous corrompent, nous assaillent et nous retardent et nous trompent, érodant notre confiance dans l’avenir de l’humanité, nous divisant et fragmentant la vérité d’Auroville ; c’est comme si elles avaient été disposées et ordonnées en un seul rang, afin que nous puissions toutes les voir ensemble… et toutes les offrir… ! Voici une tentative de revue de nos diverses « fautes » et « responsabilités », nous souvenant d’Elle : Elle qui jamais ne jugeait quiconque, mais versait Son amour vrai sans conditions, comme le seul Unique Guide vers la Vérité… Comment pouvons-nous, sans juger ni condamner, sans distribuer les reproches et les blâmes, apprécier la présente situation – dans la mesure où elle reflète, ou résulte de nombreux échecs ou manquements -, afin de nous tourner sans réserves vers une réalité collective plus vraie, plus transparente et réceptive à la Conscience de Vérité ? Ne pas faire face à nos petites faillites ou nos diverses trahisons n’est pas une option, puisque leurs conséquences continueraient d’infecter et de contaminer tout effort honnête à un réel progrès collectif ; mais se vautrer dans les reproches mutuels et exploiter la culpabilité et le remords ou la revanche ne nous mèneront pas un seul pas en avant non plus. Alors, où avons-nous échoué ? Où échouons-nous à nous conduire selon le guide le plus vrai dont nous soyons conscients ? Et qui est ce « nous » ? Pour commencer, rappelons les critères ou références de toute évaluation dans une situation de conflit – la morale, l’éthique et le dharma (et leurs lois, leurs règles et leurs écritures) – et réfléchissons alors à ce qui peut être considéré comme « adharma »… *

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- Au sujet de la morale et de l’éthique :

Sur le chemin d’Auroville, ouvert par le travail de Sri Aurobindo et de Mère, il est clair à tous que la morale n’a plus de place dans l’aspiration et l’engagement de chaque être à se donner à la Conscience de Vérité. La morale est un produit de l’environnement social, historique et culturel et diffère d’une partie du monde à une autre, servant l’objectif limité d’une cohésion sociale. La morale peut aider dans la condu ite de l’existence individuelle et collective tant que celle-ci est liée à une personnalité extérieure, un assemblage de motifs et d’exigences différents et souvent contradictoires répondant à différents déterminismes ; mais dés que l’on entre sur le chemi n spirituel ou que l’on a l’expérience de la naissance spirituelle, la morale cesse d’être pertinente et se trouve remplacée par le besoin et la nécessité de tourner chaque part de notre nature vers la force spirituelle. Cependant, demeure un sens d’une ét hique supérieure, dans lequel la vie ordinaire et l’existence spirituelle se rencontrent, et cette éthique supérieure, si elle peut se définir différemment selon les circonstances, est essentiellement la même en tout lieu, correspondant aux impératifs de v érité, de justice, de bonté, de bienveillance, de beauté, d’harmonie, de loyauté, de fidélité, d’intégrité… Dans l’Inde, nous avons le sens ou la perception du « Dharma », un terme Sanskrit qui n’a pas d’équivalent en d’autres la ngues, mais possède une signification vaste et profonde pour chaque personne, quelle que soit sa position sociale dans la réalité collective, et même lorsque l’on a progressé par-delà les domaines de la conscience humaine commune, car elle reflètera ou rep résentera toujours l’engagement le plus haut. Ainsi, dans toute la composition de la réalité de l’Inde, chaque personne, quelle que soit sa place ou sa réalisation, sera consciente des nécessités et des exigences de son « dharma ». - Au sujet du “dharma”:

En ce qui concerne Auroville, chaque personne en rapport avec sa mission et sa raison d’être développera une perception du dharma spécifique o son

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progrès sur la Terre. Ce dharma demandera beaucoup de respect, de discernement, de plasticité, de largeur, de solidarité, et d’une e ntière disponibilité pour avancer sur le chemin et offrir toutes nos limitations. L’on doit être constamment prêt à évoluer dans la compréhension et l’attitude envers toute la vie et la nécessité de l’unité. Et en ce qui concerne le Gouvernement de l’Ind e, chaque personne qui y est reliée de par ses compétences, ses fonctions, sa position ou consécration, se doit de répondre au dharma de tous les serviteurs de la Mère Inde, Bharat Mata, qui implique la conquête de l’égoïsme, l’intégrité, l’enthousiasme, l’inclusivité, le soin et le respect constants de Sa terre et de Son peuple, une adhésion constante aux voies de l’harmonie, tout en demeurant prêt à se dresser et à se battre pour obéir à sa haute mission sur la Terre. Evidemment, quiconque se joint à Auroville va apporter, dans sa nature, en même temps que des qualités et aptitudes, des faiblesses et des obscurités et, ainsi, chaque Aurovilien est voué, un jour ou l’autre, à trahir ou tromper, et se doit d’apprendre à off rir chaque part, chaque élément et chaque mouvement à la lumière et à l’action de la Conscience de vérité ; chacun apporte à la tâche une représentation de ces contradictions qui doivent être illuminées et résolues pour que l’humanité puisse s’ouvrir à l’a venir – à l’évolution de la conscience. Et, longtemps, il est plus aisé de distinguer les fautes d’autrui que les siennes propres. Cela fait partie du labeur : chaque négation de la vraie conscience doit être offerte à l’Esprit d’Auroville *(voir addendum), jusqu’à ce qu’elle change. Tel est l’un des objectifs uniques d’Auroville et, jusqu’à présent, il n’existe aucun autre site ou laboratoire vivant qui soit ainsi dédié à l’offrande de notre nature humaine à l’Unité de l’Un. Il n’en est pas de même en ce qui concerne le Gouvernement – la multitude de ses ministères, missions et avant-postes : ses serviteurs et ses membres doivent répondre à certaines exigences afin de servir la nation de la manière - Au sujet de l’ « Adharma » :

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la plus diligente, effective et fidèle, mais il ne leur est pas demandé d’offrir leur être tout entier à une action transformatrice sur le chemin d’une condition encore inconnue sur la Terre. Ainsi, nous sommes ici devant un inextricable conundrum : la Mère a spécifié que, pour pren dre part à l’organisation d’Auroville, il faut s’y être engagé à vie ; cette condition naturellement devrait interdire aux officiers du Gouvernement d’interférer ou de chercher à contrôler les affaires d’Auroville.

Il ne s’agit pas ici de qualités, d’apti tudes ou de comportements, mais bien d’une sorte d’engagement et de don de soi plus profonde.

L’on peut rationnellement débattre des pours et des contres de quelque arrangement ou compromis pour qu’un degré de collaboration volontaire puisse être obtenu entre ceux qui ont choisi de donner leur vie à Auroville et ceux qui représentent le Gouvernement Central à ce moment critique de transition, mais il doit y avoir une compréhension plus juste de la différence essentielle dans la nature des choix respectifs si aucun compromis temporaire doit avoir une chance de progresser et d’accomplir. Auroville a beaucoup à offrir à la nation et son peuple et, pour que ce partage et cette diffusion s’opèrent harmonieusement, le respect mutuel et une attention réelle doivent être assurés. En termes de « dharma », l’on peut citer des positions et des actions de la part du Gouvernement qui ne répondent ni aux exigences profondes d’Auroville ni aux siennes propres. Le gouvernement Central n’a aucun « droit » de nommer ou désigner aucun organisme gouvernemental, tel que la fondation Auroville, comme le propriétaire d’Auroville (ses terres et ses biens), puisque l’intention originelle et première de l’Acte de Parlement était de protéger Auroville précisément contre de telles revendications de propriété et de pourvoir Auroville d’un statut légal qui lui permettrait de se développer selon ses buts et objectifs ainsi qu’ils sont exprimés dans sa Charte. Par conséquent, il est « adharmique », de la part du gouvernement central de revendiquer aujourd’hui l’entier contrôle des terres et des biens d’Auroville, qui n’appartiennent à « personne en particulier, mais à l’humanité dans son ensemble ».

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Les nombreuses personnes qui offrirent – à la Mère – tous les lopins de terre qui techniquement appartiennent aujourd’hui à la Fondation pour être gérés et entretenus au nom de l’humanité dans son ensemble au service de la Conscience divine, n’ont jamais souhaité que ces dons soient ut ilisés par le Gouvernement pour ses propres fins, et cette imposition arbitraire de contrôle Gouvernemental constitue, pour le moins, un abus de confiance. Les arguments présentés par le Gouvernement pour justifier sa prise de contrôle des affaires d’Auro ville ne sont que des fabrications opportunistes fondées sur des faits et des comptes-rendus dénaturés. Il est incorrect d’affirmer que le soi -disant « Plan d’exécution » ou « Plan urbain de la galaxie » est d’une valeur et d’u ne éminence égales à celles de la Charte écrite par la Mère, puis d’ajouter que c’est Son plan, vu et béni par Elle, jusqu’aux moindres détails tels que le rayon exact de la route circulaire médiane, alors qu’en fait, ce plan servant de référence aujourd’hui pour la phase d’exécution entreprise grâce à l’engagement financier et autoritaire du Gouvernement Central, ne fut élaboré qu’en 1999, après de nombreuses versions différentes, et ne pouvait aucunement prétendre être un plan détaillé d’exécution, mais seulement un tracé représentatif général pour être inscrit dans les annales officielles du Parlement, sous l’impulsion du Comité Directeur de la Fondation, afin de servir d’obligation légale interdisant tout autre sorte de développement sur les lieux. De le définir comme l’un des Qu’il existe une documentation suffisante pour étayer la validité d’un plan général nommé « Galaxie » (moins, cependant, que celle qui demeure au sujet du plan précédent – le premier plan réalisé par Roger et son équipe – d’une nébuleuse, que la mère avait clairement reconnu et apprécié), est chose certaine ; mais d’affirmer que sa réalisation concrète est aus si essentielle et cruciale pour l’avenir d’Auroville que le contenu intérieur de sa Charte fondatrice, équivaut à une grave interférence. En voici quelques exemples: - « deux piliers fondateurs » de la mission d’Auroville et de son existence, équivaut ainsi à une grossière violation éthique.

- Il est incorrect d’affirmer que les Auroviliens – ou une majorité dominante parmi eux – ont délibérément empêché ou obstrué la

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manifestation extérieure d’un tel plan urbain et cherché plutôt à préserver leur souveraineté sur l’ensemble du « projet » pour leurs propres bénéfices et usages privilégiés, aussi limités fussent-ils. Ce que les habitants d’Auroville ont été capables d’accomplir en cinq décennies ne peut être nié ; pourtant ils n’avaient accès à aucun financement conséquent et leur position légale (particulièrement celle des Auroviliens d’origine étrangère) ne leur a jamais permis de gagner ou de générer les so mmes nécessaires à la construction d’une ville, ni de recevoir d’importantes contributions de l’extérieur qui ne soient pas conditionnelles, tandis qu’il relevait de leur responsabilité collective de gérer et d’entretenir de vastes terrains, de la manière la plus harmonieuse et la plus utile qui leur fut possible. L’on peut aisément dresser une liste des incidences de relâchement, de négligence, d’absurdité, de rigidité, d’exclusivisme ou de mésusage : bien sûr ! Et tout naturellement, Auroville a presque sans cesse attiré bien de la mauvaise volonté et de la méchanceté, une proie facile pour toutes sortes de critiques et de jugements, avec sa population si mélangée et son assemblage précaire de comportements – plus de cinquante cultures partageant le même espace collective, cela est voué à générer bien des ressentiments et des incompréhensions ! Mais c’est à chacun d’apprendre que chaque personne qui se joint à Auroville devient en partie responsable de son bien-être collectif et de son progrès harmonieux et quelque soit la « faute » commise, Auroville devra en porter les conséquences.

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Oui, effectivement, le Gouvernement Central s’est maintenant engagé à hâter l’expression extérieure d’une ville à venir, investissant des sommes de fonds publics dont on n’aurait osé rêver, et se positionnant comme le propriétaire et l’arbitre décisif seul à juger du progrès d’Auroville, réorganisant – ou « corrigeant » - ses fonctionnements collectifs et décrétant de nouvelles régulations et de nouveaux codes de conduite pour tous ses participants.

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Oui, effectivement, Auroville a de la sorte été propulsé sur la scène nationale et c’est alors aussi une opportunité pour qu’Auroville serve comme une source d’inspiration dans chaque domaine de la vie de la nation ; mais pour que ceci puisse croître, s’épanouir et prospérer, il faut bien se souvenir en tous temps que, comme Sri Aurobindo l’a souligné, une croissance véritable doit être nourrie dans la liberté et chérie à chaque pas et les conditions doivent lui être données pour son authentique et harmonieux progrès. Ainsi est- il impératif qu’un terrain commun soit trouvé et respecté pour que puisse se développer une réelle collaboration et puisse circuler une confiance mutuelle permettant une relation vraiment utile et créative entre les serviteurs d’Auroville et ceux du Gouvernement de l’Inde. Et ceci est certainement possible, puisque nous avons tous été bon gré mal gré amenés à ce point de crise et de choix, et devons à présent nous rallier à l’appel d’un nouveau pas dans l’aventure d’Auroville, qui pourra lui offrir la protection nécessaire à sa tâche intérieure de changement conscient.

Que des représentants choisis se rencontrent et discernent ensemble le juste processus.

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*Addendum : Le 25 Octobre 1967, presque quatr e mois avant l’inauguration d’Auroville, la Mère S’interrogeait au sujet de l’ « Esprit d’Auroville » : « … Et la matérialisation concrète de l’esprit d’Auroville n’a pas encore eu lieu, cela n’existe pas, il n’y a pas une formation dans l’atmosphère terrestre de l’ « esprit d’Auroville », qui est un esprit (Mère demeure absorbée un long moment)… au fond, c’est l’art de faire une unité avec la complexité… Sans uniformité, tu comprends : l’unité par l’harmonie de la complexité, chaque chose à sa place… C’est très difficile… ! » 58 ans plus tard, nous en savons un peu plus, mais il nous faut encore l’incarner collectivement !

(Divakar)

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