D'un seuil, témoigner
de leur ouverture, par la sécurité de leur référence naturelle à la grande coulée de force et de présence, dans la joie intègre de leur épanouissement ou leur grotesque caricature de nos grimaces, par leurs peines soudaines et leurs refus, dans leur besoin de mouvement et la transparence de leurs rapports aux énergies, par l’absolu de leur confiance dans le monde et l’être et la vie, ils ont fait plus pour la perception viv ante du chemin que toutes nos pensées et tous nos efforts réunis. Dans leurs grands yeux vibrants du Possible on se retrouvait soi-même à prier, et quand leurs petits corps disaient simplement la douleur et le manque, la futilité de notre clameur s’éteignait de honte, ils nous montraient sans mots, sans calculs, l’éternelle erreur d’être dur et séparé.
En eux, Son grand cri se répand, et ce regard inflexible sur l’immense besoin de vérité.
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Il y a le pouvoir, et il y a le Pouvoir. Il y a notre pouvoir de choisir, que nous ne savons ni reconnaître, ni vivre, ni développer. Et il y a la grande coulée de Puissance, partout dans l’espace et le temps, ce seul Pouvoir absolu, qui brûle et détru it quiconque veut s’en emparer. Notre pouvoir de choisir, nous l’avons de nous -mêmes aliéné ; nous avons fragmenté et distribué, aveuglément, la responsabilité de choix qui ne concernent que soi-même. Nous demandons à autrui de représenter pour nous les termes du choix et d’incarner pour nous notre propre capacité de choisir. Ainsi nous faisons-nous mutuellement violence. Avec la multiplication de ce subterfuge, la distance a grandi entre ces représentations et L’instrument est devenu autonome, il agit loin là -bas, au sommet ou à quelque point figé de notre douteux édifice, ou ici, tout près, à côté de soi, mais de l’autre côté, vraiment, d’une paroi infranchissable d’incommunicabilité. Et si nous cherchons d’aventure à remédier à ce gigantesque artifice, nous nous voyons forcés de le faire dans des termes généraux qui sont une approximation absurde de notre besoin réel, celui de réapprendre à choisir. Nous nous reprochons mutuellement et sans cesse, soit d’intervenir et d’interférer dans nos choix individuels, soit de s’abstenir ou d’être inefficaces dans notre intervention. Ce n’est pas ainsi que nous trouverons jamais la solution. Ce n’est pas ainsi que nous pourrons jamais déblayer l’espace de notre communication. C’est à chaque individu qu’il incombe de rappeler et réunir en nous -même la capacité de former nos propre choix et d’en vérifier la qualité comme la vérité par les conséquences qu’ils ont dans notre vie et pour notre conscience. Il nous faut trouver cette foi et ce courage, comme un service que nous devons nous rendre, et rendre à l’homme. Comment autrement pourrons-nous jamais décanter la confusion dans laquelle nous vivons, ni offrir au changement le mélange que nous sommes ? nous-mêmes, individus. Le gouffre s’est creusé.
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