D'un seuil, témoigner
Et à ceux qui ne peuvent attendre de grandir vraiment et ne respectent pas la loi, nous disons « chacals ! » - faute de mots, car le chacal est une fonction, il n’y a rien à en dire ! – et nous tirons leurs masques. S’ils voulaient, ils sauraient que le message est d’amour, mais ils ont choisi de perpétuer l’illusion.
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Au cours des années d’ après 1973, en ce qui concerne Sa « ville », l’expérience s’est poursuivie et déroulée comme sur trois temps majeurs, ou en trois milieux simultanés, interactifs mais distincts.
Le premier de ces trois milieux était celui de cette lutte, souvent ardue et mesquine, pour sauvegarder la possibilité, préserver les fondements de cette « ville » , et l’authenticité de son ouverture et de son sens, cette bataille contre ceux qui voulaient s’en emparer et la réduire à une vitrine rentable et figée. Le second était celui dans lequel se manifestaient les travers, les contradictions : les impossibles de notre nature d’humains. Le troisième était la publication progressive, laborieusement délivrée des griffes courroucées de ceux qui voulaient vendre une image et subsister de leurs dividendes spirituels incontestés, de toutes ces notes, ces observations, ces tentatives de description qu’Elle avait eu le temps de communiquer, de cette mutation lente et foudroyante, de cette nouvelle naissance matérielle, cette révélation en cours d’ un divin matériel. C’est dans le corps que l’on progresse. La matière situe l’évolution, elle est son lieu. La matière manifeste l’évolution, elle est son corps. Nous sommes essentiellement des êtres d’évolution, et c’est en cela que l’homme diffère de toutes les autres créatures. L’insatisfaction perpétuelle de l’homme, cette insatisfaction qui toujours l’isole et le démarque, est l’ombre extérieure, incomprise, de cette grande Poussée en avant, de ce vaste mouvement de révélation progressive et de devenir. L’homme parfait, l’Homme entier, l’Homme complet, l’Homme glorieux, n’est que le modèle qui soutient nos efforts, l’aimant de notre perfection, l’étalon de nos proportions relatives. Il est statique. Il n’est pas ce qu’essentiellement nous sommes, bien qu’il nous protège encore du vertige de la destruction. Nos règles, nos structures et nos lois ne sont que les moyens de contrôle et les digues nécessaires pour soumettre une nature indéfinie qui, n’ayant pas trouvé son centre conscient, se livrerait autrement à l’impulsion de mouvements contradictoires. Il n’y a plus, semble -t- il, d’ »espèce humaine », comme il y a encore des espèces animales, au sens où l’humain s’est dissocié de cet instinct d’équilibre naturel de l’espèce, qui sait reconnaître et préserver les conditions justes de son harmonie.
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