D'un seuil, témoigner
Il est dans la nature de l’homme, ou plutôt, c’est un trait de sa faiblesse, que nous préférions toujours de beaucoup nous en remettre à un intermédiaire auprès de nous même, et l’investir des droits comme des responsabilités que nous voulons bien prêter à un soi plus grand et plus sûr, plutôt que d’affronter la nécessité d’apprendre directement, sans autre juge que les conséquences de nos choix, à connaître et manifester sa nature. Il est une autre tentation familière à l’humain, celle de céder facilement à la prétention de remplir pour autrui les fo nctions supposées de ce Soi, et d’en retirer l’occupation gratifiante de l’adulation et des fausses responsabilités. Nous pratiquons ces deux tromperies dans tous les domaines de notre vie ; à des degrés divers et selon autant de variantes, elles sont généralement acceptées. Et aujourd’hui il nous est demandé, si nous voulons aider, de réapprendre à choisir.
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1973 est venue.
Autour d’Elle, dans l’anonymat discret de tâches quotidiennes sans gloire, un certain nombre d’êtres Lui avaient depuis longtemps offert leur vie, leur expérience, leur développement même, tout ce qu’ils étaient et ce qu’ils pouvaient devenir, et ils avaient appris à grandir silencieusement dans Sa lumière. D’autres avaient été marqués pour occuper le devant de la scène, et il est question là d’un sacrifice, ou d’une imposture. En présence de la réalisation d’une transparence au Suprême, c’est -à-dire de son incarnation vivante, l’homme est le témoin d’un jaillissement d’être, c’est de l’or en cascade, de la puissance pure, une richesse croissante de mouvements et d’ondes, c’est le grand Devenir sans voiles. Tout comme, à la découverte de l’or matériel dans les veines de la Terre, l’homme pris d’une ivresse et d’une étrange avidité se remet passivement à la charge d’une énergie insatiable, échangeant sa liberté de choix contre cette intensité plus grande – ainsi, en présence de la conscience manifeste, de sa puissance en action , de l’incarnation directe, l’homme qui n’est pas entier n’a que très rarement la force de tenir, de ne pa s céder à l’attrait du même piège : dériver un peu de la Force pour la formation temporaire et illusoire de sa propre grandeur ou de son propre pouvoir. A travers ceux- là étaient touchées toutes ces énergies séparées qui toujours dans l’Histoire ont mésusé de la Force et usurpé la réelle autorité. En cela, ceux qui ont été marqués pour ce rôle, ont été les sacrifiés. Un ajustement considérable doit d’abord se faire dans la circonférence humaine avant qu’un changement véritable puisse advenir, et cela concerne le pouvoir ; toute soif de pouvoir indique un manque d’être : on ne cherche le pouvoir que parce que l’on n’est pa s vraiment. Etre, c’est l’équilibre. Etant, simplement, on peut ce que l’on est. Là, dans cette présence, l’humain n’a qu’exceptionnellement la capacité, dans les limites de sa nature, de servir sans prendre ni interférer.
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