D'un seuil, témoigner

Seule à donner Seule consciente Seule à marcher

Tu T’agenouilles devant la petite flamme au fond de chaque être et c’est Toi pourtant qui lui donnes l’aide et la force de grandir.

Tu T’effaces, Tu T’annules Et c’est Toi pourtant L’Epouse et le cœur battant du grand Devenir.

On ne sait pas ce qu’est la Grâce. La pensée humaine ne peut ni la concevoir ni la comprendre.

Mais l’on peut comprendre ce qu’elle n’est pas, ce qu’il est lâche ou vain d’attendre d’elle. Elle est étrangère à la nature et au comportement de l’homme. Si elle advient parfois comme réponse, c’est à une qualité d’appel qui ne se révèle qu’à de très rares instants, quand l’être est dépouillé de toutes ses défenses, de toutes ses demandes et, dans cette nudité, fait le don de soi à Cela qui le fait exister. Elle est étrangère à toute morale, à toute vision de l’homme. Et pourtant elle peut intervenir en toutes circonstances, à tous moments ; son action est instantanée, ses effets sont immédiats et, pour la conscience, son passage laisse une marque que rien jamais nulle part ne peut effacer. Elle est étrangère à toute croyance, à tout dogme de l’homme. Elle existe dans cette réalité où, exempte de toutes les apparences, seule la masse incorruptiblement vraie de chaque être est consciente. L’on peut baigner dans la Grâce, à ces moments où l’on sait, sans plus de doute possible, que Tout est le corps, la vie, la conscience et le chemin du Suprême. Et que le Suprême n’atte nd ni ne souhaite le retour à aucune fusion de quelque nature qu’elle soit, mais que Son chemin est celui d’une déclaration de plus en plus manifeste de Lui- même, d’une aventure de plus en plus consciente dans un inconnu de plus en plus vaste et plus riche d’un devenir de plus en plus plein, dans une reconnaissance de plus en plus nombreuse. Et de chaque être qu’il participe de plus en plus volontairement et joyeusement à une découverte de plus en plus nouvelle, que ce soit dans le repos parfaitement abandonné ou l’action exubérante d’un accomplissement éternel. Il y a eu quelques peuples humains sur la Terre dont l’identité était étroitement, indissolublement liée à la conscience d’un centre intérieur, un avec l’origine comme avec le même centre en chaque être et chaque manifestation de la Nature. Ces peuples avaient pour loi le respect total et premier de chaque personne, et de son droit naturel de choisir et de contribuer librement à une harmonie et un devenir communs. Mais le fait même de leur dédication vivante, impérative, à ce centre d’existence et d’harmonie, ce centre de force et de devenir, impliquait l’impossibilité pour eux de pratiquer le compromis.

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