journal d'une transition
490
G.M, et je suis heureux ! Son amie est gentille et franche, fraternelle, avec le sens généreux de l’humour de quelqu’un qui n’a plus beaucoup d’illusions…
*6-12-1984, Auroville : De cet état où soudain je me trouve, comme secoué par une explosion chimique, pris dans la vitesse irréelle d’un tourbillon stérile d’information et décentré par l’énergie du mouvement, il me parait impossible que j’aie jamais pu auparavant éprouver quelque chose de Toi, ou connaître la concentration du contact avec Ca, et être en méditation vivante à travers les heures… Et je mesure ainsi combien, « normalement », tout ici est tranquille, et combien il y avait de calme, déjà… Parce que cette agitation peut devenir infernale ; ça rend insomniaque, ça projette dans tous les sens, le jour comme la nuit, et surtout, ce qui fait le plus de peine, ça abîme la transparence plus subtile ou profonde de l’écoute et de la réceptivité, cette paix consciente et offerte qui sous-tend – d’habitude – l’atmosphère…
*11-12-1984, Auroville : Les journées sont fraîches et paisibles, et la lumière est une fête… … Krishna souhaiterait maintenant que je lui construise plutôt une chambre juste à côté de la maison ici…
*12-12-1984, Auroville : D.A, qui avait un moment vécu à « Beuvron » en France, où ses deux frères M.A et F.A et moi avions notre « communauté », m’avait récemment annoncé son intention de venir à Auroville avec sa famille – sa compagne Soaz et leurs deux enfants, Gwen et Samuel. Il ne m’avait pas demandé mon avis, mais seulement de leur réserver une chambre à la Guest House et si possible de venir les attendre à l’aéroport… Je suis arrivé juste à temps, et l’ai aperçu près des bagages : le même visage dans un corps monstrueusement enflé, sa compagne aussi lourde, une petite fille et un tout petit garçon endormi dans les bras de sa mère. Je les ai mis dans la voiture et, juste à ce moment, le petit s’est réveillé ; j’ai rencontré ses yeux, son regard, et je l’ai aimé… ! Tout le trajet, la petite fille dans mes bras, et la toute petite mai de Samuel sur mon bras, tout était calme ; et j’ai découvert le cœur de cette femme, et sa beauté intérieure. Et j’ai apprécié la confiance et le courage qu’exprime leur choix de venir, de tout quitter pour venir ici…
*13-12-1984, Auroville : Une autre lettre de C ; Laffont a trouvé mon texte « trop original » pour sa collection… ! Buchet-Chastel l’avait trouvé « bien maîtrisé », mais…
*14-12-1984, Auroville : D.A m’a raconté aujourd’hui que, juste avant leur départ de France, Vivek, à l’Association pour Auroville à Paris, a demandé à leur parler particulièrement de moi, pour les mettre en garde contre moi, tentant de leur expliquer que j’étais, ou
Made with FlippingBook flipbook maker