journal d'une transition

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avais, une force qui créait des problèmes à Auroville… D.A a répondu que j’étais son ami depuis 13 ans et le resterais, et qu’il avait quant à lui son propre chemin… Et G.M me dit que, depuis qu’il est rentré et, en venant à moi, a affirmé notre amitié, Shankar lui fait la gueule… Enfin, ça continue… … En courant tout autour d’Auroville, ce soir, j’ai médité sur cette question : ils disent que je suis une force… Eh bien, pourquoi pas !? En effet, « je » suis une force, et chaque être est une force en mouvement ; alors qu’y a-t-il de si remarquable à propos de « moi force » ? Sinon que je ne me plie pas aisément ni naturellement aux critères d’un groupe ou d’un autre ? Il y avait presque une joie à accepter, finalement, ce « statut »… ! Oui, être une force qui vient s’offrir à Ca, à Toi, pour le vrai changement, parmi d’autres forces, chacune éprouvant le besoin de Toi… !?

*15-12-1984, Auroville : J’ai écrit une lettre (dont j’ai gardé une copie) à Vivek et à l’Association à Paris, leur demandant de cesser tout militantisme imbécile et d’élargir un peu leur compréhension du chemin, et surtout de cesser d’interférer auprès de mes amis…

*19-12-1984, Auroville : En courant, ce soir, j’avais un cri plein de larmes, et je T’appelais « Seigneur, Seigneur… ! »… Je sais que tout est le Guide, je ne me plains pas ; mais à présent je mesure mieux combien la joie est nécessaire ; et comme il m’a fallu du temps, et de la souffrance, pour commencer d’en avoir l’expérience vivante… *20-12-1984, Auroville : Krishna s’est graduellement établi comme responsable auprès des ouvriers et de tout le travail ici… Mais il fallait tout de même éclaircir certains points ; puisqu’il semble ainsi vouloir s’occuper de tout, je ne souhaite pas intervenir, et n’en aurai pas besoin s’il reste conscient des besoins de chacun… Et ainsi, il semble que mon travail ici me soit retiré… ! Ce qui vient après, je ne le sais… !

*22-12-1984, Auroville : Il y a quelque chose de malsain dans tout cela. Et je me sens comme dans une prison qui se referme, me retirant du corps du monde, qui est Ton corps…

*23-12-1984, Auroville : Dans la journée je recommençais de prendre confiance ; puis ce soir D.A me raconte que Li, la veille, lui a dit de si horribles choses à mon sujet… Voilà quelqu’un que j’ai connu il y a 15 ans, qui est à Auroville depuis 6 ou 7 ans, et que je n’ai revue que, peut-être, trois ou quatre fois ; avec qui je ne souhaite pas de contact et qui, pourtant, éprouve aujourd’hui le besoin de parler ainsi… !? Il y a trop de gens malades ici et, ce qui est douloureux, c’est qu’Auroville ne les aide pas à… guérir, à changer… C’est cela qui me trouble profondément ! … Peut-être vais-je m’en aller ? Maintenant que même mon travail à « Sincérité » est pris par Krishna, c’est comme si tout me disait « pars ! Va-t-en ! »…

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