journal d'une transition
489
frappée par une similarité de regard entre D.H Lawrence et moi… ! Jusqu’à parler de réincarnation… ! Mais comment cet homme est-il parvenu à dire ces choses avec tant de clarté – « The Man who Died » - alors que personne autour de lui ne pouvait les comprendre, ni même les appréhender… !?
*27-11-1984, Auroville: For a part of last night I was in East Europe again, where that force is still reigning over men; a horrible, horrifying place and atmosphere: I can’t stand to see what men can become, and I burst out desperately, crying without tears…
*28-11-1984, Auroville: En fin d’après-midi je suis parti courir ; j’ai couru jusqu’à la nuit, environ 15 kilomètres : et je me suis senti heureux, avec Toi, comme une méditation profonde, ardue mais fructueuse ; j’ai répondu à la nécessité de regarder, de voir sans « ciller » cet esclavage dont je suis le sujet depuis la petite enfance, à la divinité du sexe mâle… Quoi faire ? Il me semble qu’il faudrait soit une série rapide d’expériences vivantes presque violentes, pour détruire l’attache profonde de ce lien, soit une action tout à fait exceptionnelle de la Grâce… Il ne me parait pas que le seul fait d’une vie paisiblement harmonieuse, offerte à la disparition progressive de l’ego et à sa transformation, soit suffisant en soi pour éradiquer cette emprise… *29-11-1984, Auroville : La semaine dernière je crois, Krishna m’avait tout à coup accusé d’exercer sur lui une violence mentale et menacé d’y répondre par une violence physique ; depuis ce jour, il est très doux, et ne cesse d’aller et venir comme en quête de proximité ; mais il y a eu un autre recul en moi, et je ne me sens plus disponible. Il y a un retrait intérieur face à cette boulimie, cette force qui dévore, qui impose, qui pèse, étouffe et veut tout occuper…
*2-12-1984, Auroville : Je me sens très mélangé, et mal à l’aise : épais, encroûté, encombré de désirs, veule…
*3-12-1984, Auroville : Très tôt ce matin Krishna est venu me parler de la maison qu’il souhaite maintenant construire, au bord du canyon, me demandant de l’aider à « la voir » ; nous sommes allés plus tard sur le lieu même, pour déterminer l’orientation… … Barbara me dit que notre relation est le champ qui lui permet de découvrir et comprendre et offrir ses difficultés et ses blocages, avec le besoin de changer…
*5-12-1984, Auroville : Je suis seul ce soir, en train de lire à la bougie. J’entend une voiture arriver, les portières claquer ! G.M ! Avec son amie M, venus tout droit ici, avant même de rentrer à « Dana »… Il a beaucoup grossi, comme étouffé par la chair, mais c’est
Made with FlippingBook flipbook maker