Un Parcours

calmer l’inflammation, sans succès. Il faut ou vrir : il est temps peut- être de m’en aller ? J’explique à Arjun, attentif et compréhensif, ce qu’il faut faire « après ». La douleur est intense et domine la conscience, mais je suis très touché, impressionné par l’affection et le soin et la qualité de p résence qui m’accompagnent. Mais la négligence, le désordre, la laideur de cet hôpital me révoltent et Dinesh doit me calmer avec son acceptation de toute circonstance. Arjun s’arrange pour entrer en contact direct avec le chirurgien en chef, Vikram Kathe, qui vient m’examiner plusieurs fois, un homme très fin qui m’ins pire confiance et je lui dis que je ne veux être opéré que par lui , ce qu’il accepte avec beaucoup de grâce. L‘intervention ne dure guère plus d’une heure : Vikram a ouvert l’abdomen en suivant l’ancienne cicatrice et détaché les adhésions qui s’étaient formées le long de la couture interne. Les deux jours et nuits qui suivent sont une torture : attaché à l’horizontale, branché de tous côtés, assailli par les lampes et le vacarme incessants, p ar les visions et sensations d’un grouillement de formes plus ou moins décomposées et d’entités répugnantes, impuissant et exposé à un personnel brutal et rude et bavard, je m’efforce d’aménager un ilot de silence au -dedans et, à chaque fois que Selvam, Arjun ou Dinesh parvient à s’approcher de mon lit un instant, c’est un souffle d’aide. Shiva et Selvam, soutenus pas le Docteur Vikram Kathe, enfin obtiennent que je sois transféré dans une chambre individuelle : elle donne sur un terrain enclos jonché de détritus, mais elle est assez grande et il y a une couche supplémentaire et une salle de bains. Ils ont brûlé de l’encens dans les couloirs et tout le monde sourit à notre passage et, avec Anand, ont préparé la chambre avec des fleurs et Krishen et Kamala viennent me saluer, tout droit depuis

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