Un Parcours

l’Ashram), notre amour de la mer, l’atmosphère de l’Ashram, le besoin d’Auragni et son indépendance. Il faut alors annuler l’accord précéden t, ce que je trouve très embarrassant ; mais c’est aussi un gars de l’ashram qui est responsable de la vente et il finit par comprendre ce qui s’est passé pour moi et accepte de rendre l’avance. C’est alors que, lors de ma seconde visite, je me rends comp te de l’état lamentable de l’immeuble, que ses résidents n’ont pas pris la pein e d’entretenir et qui, si e xposé à l‘air salé de l’océan, s’est considérablement dégradé ; le fer des renforcements a rouillé en beaucoup d’endroits, faisant éclater la maçonnerie, c’est pitoyable et demande d’urgentes réparations. Je découvre alors une sorte de mentalité hybride vis-à-vis de la matière et des « possessions » ; presque tous les résidents (il y a 8 appartements) sont soit directement engagés dans la vie de l’Ashram, soit lui sont « dévoués » et y rendent quelque service ( parmi eux se trouve, je l’ignorais, le plus jeune frère de Krishen et son épouse) , mais aucun d’eux ne s’est donné la peine de remédier à la dégradation de leur habitat ; ils étaient pourtant propriétaires et donc seuls responsables, et ne pouvaient donc s’attendre à ce que l’Ashram s’occupe de l’entretien et des travaux de ravalement. Kovalan est revenu à Auroville ; il a quitté son travail à Paris, pourtant rémunérateur et potentiellement indicateur de meilleurs postes, et a engagé un divorce – je crois que tout est signé et qu’il n’a plus rien à faire là -bas ; avec l’argent qu’i l a gagné, il aide un peu sa mère et s’est acheté une superbe moto rutilante ; il a perdu sa boussole précédente – faire carrière et épouser la femme de sa vie –, mais l‘énergie en lui ne s’est pas assagie ; il cherche la relation parfaite, essaye ici et là, il ne sait plus ce qu’il veut et évite de me voir pour ne pas avoir à regarder er à dire ; je ne peux pas le forcer à se calmer, mais c’est préoccupant.

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