Un Parcours

Auroville. Je souhaite lui trouver un petit appartement qui soit « chez elle » chaque fois qu’elle sentira le besoin de venir . Je demande à Kusumben de signaler ma quête parmi ses nombreuses connaissances dans et autour de l’Ashram. J’aimerais bien sûr que ce soit dans un quartier calme et proche de la mer et de l’Ashram, mais qui sait ? Kusumben est efficace dans toutes ses actions, avec le sens alerte des possibilités de chaque être qu’elle rencontre ; j’ai un peu connu sa mère, sans que jamais nous ne puissions échanger le moindre mot, ce n’était pas nécessaire d’ailleurs, une femme longiligne, habitée par son amour de Mère et Sri Aurobindo, perceptive sans pensée ni mot, directe, magnifique. Bientôt elle m’appelle pour que je visi te un premier lieu, un immeuble en construction très proche du rivage ; cela semble prometteur et je m’engage. Quelques jours plus tard, Kusum me fait venir et m’explique qu’elle a trouvé un autre lieu que, selon elle, j’aimerais encore mieux ; je suis le monsieur qui sert d’intermédiaire et nous montons au troisième étage d’un immeuble assez défraichi et sans grâce, juste au bord du rivage au Nord de l’ancienne distillerie et du terrain de tennis de l’Ashram. Une dame élégante et raffinée nous ouvre la porte : une pièce assez grande en longueur, d’Ouest en Est, une chambre attenante, une cuisine, une salle d’eau ; puis elle va ouvrir une fenêtre et ses volets (tout était dans une semi-pénombre pour garder l’air conditionné à son meilleur effet) et se recule pour me laisser voir : l’océan, rien que l’océan, juste là, devant et aussi loin que porte le regard de gauche à droite et en face : l’océan, l’infini, l’immense, le vaste. Je suis cloué. Tout se rassemble, Colette, son travail (la propriétaire est une suisse allemande psychothérapeute qui exerce en partie à Bangalore et donne aussi son service à la bibliothèque de

644

Made with FlippingBook flipbook maker