Un Parcours

Je regarde l’heure, 5 heures et demi, il fait nuit encore. Nous sommes le 8 Avril ; à quelle heure a-t-elle « cessé » ? Combien de minutes entre son dernier souffle et ce silence qui m’a réveillé ? J’appelle Olga, qui répond tout de suite, comme si elle attendait ; elle et Pierre vont venir. C’est Olga qui saura comment faire, tous les gestes nécessaires.

Je téléphone à Francis et Christiane. Ils sont pleinement avec moi, chacun et tous les deux.

J’ai ramassé les petites mules de Col ette qui étaient sur le parquet à côté de son lit, je les tiens comme un trésor : ces toutes petites mules ! Et le sanglot monte et s’épand, longtemps, alors que Francis m’écoute et partage. Christiane m’explique un peu comment se déroule une incinération, que je pourrais demander que l’on diffu se la musique de mon choix.

Olga et Pierre arrivent. On est ensemble, sans histoires. Olga indique la marche à suivre.

Comment préparer « le corps » de Colette : d’abord tenir ses mâchoires serrées pendant quelques heures ; puis la laver, choisir une belle robe émeraude, la maquiller soigneusement.

Auragni bientôt nous rejoint.

Il a fallu aussi faire venir un docteur qui constate et signe l’acte de décès – j’avais rencontré dans l’immeuble une dame médecin et je suis allé lui demander de bien vouloir nous aider dans cette démarche et elle a de suite accepté, sans manières inutiles. Plus tard, d’autres arrivent. Je dois prévenir la dame des pompes funèbres, qui vient assez vite et m’aide à décider entre les options possibles ; l’impression de nager sous l’eau, de tâtonner en laissant le courant agir, tous ceux qui sont présents le sont sans drame ni lourdeur, appréciant la même qualité de conduite ; je ne sais exactement comment tout se met en place.

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