Un Parcours

Le lendemain est le jour de ma fête, j’ai 55 ans ; Colette a vécu presque 92 années entières, les a bien vécues, en progressant à chaque pas, si belle et si ouverte et si endurante ! Je ne suis pas à sa hauteur ! Ils ont emmené le corps dans une boîte et l’ont gardé dans un bâtiment spécial où Auragni et moi pouvons la voir une dernière fois, lorsqu’il est temps de se rendre au crématorium. Je suis assis avec Auragni dans la camionnette des services et F. suit avec sa voiture. Il y a une grande pièce où nous sommes tous invités à entrer : tous, c’est -à-dire que je ne sais bien comment des personnes du temps de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie ont été prévenues et sont venues lui rendre hommage, un hommage solidaire et fraternel, et d’autres que je connais à peine, et il y a aussi Claude et Vicky, je ne sais plus qui encore. J’ai choisi une musique d’Anouar Brahim, que j’avais offerte à Colette et qu’elle écoutait souvent, avec ravissement ; Auragni et moi nous serrons dans l’espace vide en arrière des rangs de chaises et nous dansons, lentement, dans la musique. Puis ils amènent un chariot portant le « cercueil » et ouvrent une lourde porte de métal, je crois que cette porte glisse vers le haut, mais n’en suis pas certain, et ils poussant le chariot à l’intérieur et referment. La dame bien agréable, élégante et attentive, des pompes funèbres, s’occupe de tout et m’amène – le lendemain peut-être ? – une urne bien conçue, une sorte de plastique solide, contenant les cendres, ainsi que les certificats indispensables – en particulier pour les douanes.

Je vais rentrer à Auroville.

Le jour de la fête de Colette, le 6 Mai, nous nous retrouvons, ceux qui ont aimé Colette, Deepti et Arjun bien sûr, et Uma, et Walter et Mechtild, et il y a Selvam pour m’aider, et d’autres encore et Bhaskar qui a choisi la photo de Colette, et tout est tranquille et

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