Un Parcours
et nos actions, de la confiance et du respect mutuels dont nous avons tant besoin… « Les différences et la diversité existent pour la joie », telle est la dernière phrase de ma lettre ! Ma vie quotidienne a bien changé, mais je n’éprouve pas de « manque » ; je ne crois pas qu’il soit possible d’être « séparé » du Matrimandir, de tout cet amour de toutes ces années, mais je ne regrette pas les tensions, les exigences des uns ou des autres, la charge des attentes et des jugements – et la fatigue. Cependant, c’est à propos du banyan que j’ai du mal à accepter la situation : ce banyan, ce roi de l’Aire, est mon ami ; je l’ai soigné pendant des années, me suis occupé de la taille annuelle, de la pousse des racines et, surtout, j’ai veillé sur la cavité du premi er tronc central, la nettoyant et la cautérisant et l’entretenant afin qu’elle ne se décompose pas et au contraire, avec de nouvelles racines aériennes se fusant à ses côtés, qu’elle se stabilise ; avec un petit gars (il m’en fallait un petit de taille) no us entrions souvent dans le cœur du Banyan pour vérifier sa condition et nettoyer toute décomposition ; Kireet m’avait même surpris une fois émergeant du tronc central comme un génie, et en avait été assez saisi – mais c’était à l’époque où une affection r éelle semblait se développer entre nous et où il lisait mon livre en français… Or j’appris un jour que l’on avait décidé de couper ces racines autour du tronc, sans savoir même pourquoi elles étaient là, et que même l’animosité légendaire entre Roger et Na rad s’était changée en coopération fraternelle, pour nettoyer le site de ma présence hostile… ! Narad, qui avait vécu toutes ces années aux Etats-Unis, était assez récemment revenu vêtu d’une nouvelle humilité, s’était ouvertement rapproché de Roger et se construisait une nouvelle persona plus « spirituelle » ; il ne semblait nullement gêné par ses positions précédentes, ni d’ailleurs par le fait que c’était de lui que j’avais appris les
606
Made with FlippingBook flipbook maker