Un Parcours
Et F. réussit à intéresser une autre femme qu’elle connait bien pour l’achat du bureau de Colette, un tout petit studio qu’elle avait acquis pour son travail juste de l’autre côt é de la rue.
Je rentre le 6 Février. Bhaskar est là, à l’aéroport.
Ce début de l’année, au lieu de l’anxiété que j’avais éprouvé l’an passé, je ressens de la paix, un espace de nettoyage et de réparation. Il est clair que je me distancie du vital, de toute énergie vitale, de toute emprise vitale, de tout besoin vital ; je m’éloigne davantage des rapports d’échanges sociaux ou même personnels ; seuls les amitiés sans demandes ni complications, libres de tout drame et de toute tension, me conviennent ; mais l’absence d’énergie vitale m’oriente dans un rythme beaucoup plus sobre et tranquille encore qu’auparavant. Dans Auroville, l’atmosphère est troublée ; des sujets comme celui de l’homosexualité semblent susciter des hantises , des jugements et des craintes et j’apprends le cas d’un gars qui a été jugé indésirable à cause de son homosexualité, justement ; j’ai aussi, souvent, été l’objet de ces rumeurs , de ces craintes et de ces rejets et, du statut de « bisexuel » je suis passé à celui d’homosexuel, puisque l’on ne me connait plus aucune compagne permanente… J’apprends aussi qu’une liste est en cours de préparation, et que, plus ou moins ouvertement, les Auroviliens sont invités à nommer – à « dénoncer », par conséquent – ceux qu’ils savent « coupables » de pratiquer cette « aberration » ; cela me révolte tant que je reprends la plume et envoie une salve bien tournée au Conseil d’Auroville, à tous ces gens vertueux qui sont en retard de plusieurs âges… Je leur demande de se préo ccuper plutôt de l’honnêteté et de la vérité dans nos relations
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