Un Parcours

… Il y a le souvenir brûlant comme un tr ou de flamme au centre de la vie même, ce souvenir physique, entier, plein de Ta Présence corporelle et de la Pression qui était partout dans l’air même, dans nos corps et dans chaque instant, cette Pression qui plongeait comme un glaive de diamant et ouvr ait l’univers à une éternité consciente et une infinité du Possible et une tendresse sans limites : la fin de tous les murs. Et, depuis, le retrait de cette Pression a causé, par sa puissante absence, comme le sens d’un mime pitoyable, d’une représentatio n creuse, inapte à progresser. Soaz, en visite avec Samuel, me conte la pollution qui sévit en Bretagne, et comment l’eau des nappes phréatiques a été viciée par les excédents des produits qu’utilisent les fermiers et les agriculteurs… Cette folie, cette barbarie, cette misère traversent toutes les cultures et sévissent dans tous les pays, possédant les personnes par leur plus bas dénominateur commun et les rendant prisonnières et victimes de leurs propres actes… Francis, depuis 6 mois, me promet de me communiquer ses impressions et ses questions que mon livre suscite en lui ; il en a fait trois lectures ; il y a eu les tempêtes, puis il a contracté une mauvaise bronchite, et il s’est trouvé très en retard sur tous ses engagements ; tout de même, il est parvenu à franchir le frontière entre les réflexions et l’expression, et à transcender la résistance qu’il éprouve envers toute déclaration d’ordre « spirituel » excluant l’humain dans toute sa complexité et ses nécessités. Il redoute là une sorte d’arbitr aire. Il nous faut donc dialoguer davantage et nous le pouvons, car il y a entre nous cette confiance profonde et inconditionnelle, qui ouvre l’écoute.

Colette me téléphone depuis la maison de Bretagne, où, avec l’aide d’Odile, son « aide à la maison » (une femme encore assez

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