Un Parcours
jeune, très observatrice et de bonne volonté, très admiratrice de Colette et prête à tout pour lui être utile, que Colette s’est finalement décidée à embaucher pour la seconder dans les tâches domestiques, faire les courses et s’occup er aussi de René qui, désœuvré, médecin -chercheur retraité, fonctionne en dents de scie et absorbe des dizaines de médicaments dont il ne mesure plus les effets, tout en guettant et commentant les signes de déclin et de l’inévitable défaite) elle a réussi à emmener René pour un peu de « repos » ! Comment pourrais-je prétendre apporter quelque éclairage que ce soit sur ce mystère qu’est la mort, sur la « bonne » attitude à pratiquer à son approche ? Tant que nous ne sommes pas entièrement refondus par l’état de vérité, ne sommes- nous pas tous autant d’impostures, que la Nature a bien raison de replonger dans son chaudron encore et encore, jusqu’à ce que « quelqu’un » naisse enfin ?!!! Enfant, j’avais assez souvent la sensation physique comme d’un corps dans le corps, d’une ressource voilée, une intensité presque douloureuse en même temps qu’un bien -être, le sens de la présence d’une grâce – dans le corps… A présent, ce corps a besoin de sommeil, de beaucoup de sommeil, et il y a une déperdition des énergies d ans l’organisme, même la digestion demande plus de temps, tandis que les marques de la « vieillesse » se multiplient… Cela semble encore un pari bien futile, une vantardise bien ridicule, que de chercher à s’établir dans la foi et la confiance intérieure en la volonté et le sens du Suprême – qui va réintégrer Sa demeure et par Sa présence invalidera la nécessité de cette mort des cellules, qui seront vivantes de Sa Force et de Son avance…
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