Un Parcours
Ceux qui ne pouvaient renoncer à la quête du principe de l’immortalité ont été ressentis par l’élite spirituelle comme des ambitieux assoiffés d’illusion. Pourtant, qu’il ait été étouffé ou détourné, mythifié ou méprisé, le débat ori ginel se poursuit avec une acuité plus grande d’avoir été ignoré. Mais que comprenons-nous par « immortalité » ? Souhaitons-nous seulement déjouer les lois de la nature physique et prolonger indéfiniment le temps de notre jouissance égoïste et perpétuer indéfiniment notre propre réalisation séparée ? Il y a ceux parmi nous qui portent cette foi entièrement déraisonnable : que quelque part dans l’être, physiquement, consciemment, se cache encore et nous attend le secret d’un état Un. Un état qui est à la fois matériel, pure matière, et spirituel, pure divinité. On serait tenté de dire qu’il se cache dans nos corps ; mais ce n’est pas qu’il faille le traquer dans la géographie interne de nos organes ou de nos veines, ni même que sa clé soit inscrite dans tel assemblage de neurones ou qu’on puisse jamais le déchiffrer dans la composition symétrique d’une cellule. Il y a seulement, ou presque, la certitude que c’est là, qu’il est là, ce secret. Et qu’il nous faut seulement développer co mme une antenne chercheuse, un nouveau sens qui nous oriente vers ce centre vibrant qui attend, une antenne toute nourrie de notre besoin clair, de vérité, d’unité, de plénitude, et d’une Présence que plus rien ne puisse contredire, pas même la mort. J’a pprends aujourd’hui que Krishna a quitté son corps – ou son corps l’a quitté – il y a déjà trois jours et qu’il avait demandé à Gopal et Agnès de n’en rien dire à personne, que rien ne soit dérangé avant cinq jours, avant d’être enterré dans le jardin de Darkali ; Aruna me dit qu’il s’était déplacé une semaine avant pour demander à Gangalakshmi de l’eau dynamisée… Krishna, mort ?! C’est impossible ! C’est absurde, c’est ridicule, alors moi aussi, et nous sommes tous « morts » !
488
Made with FlippingBook flipbook maker