Un Parcours
Marchant dans la ville j’ai éprouvé ce grand soulagement parmi les races mélangées, toutes les couleurs se côtoyant, un chant involontaire, un chant actuel et réel, une danse de tous les corps rencontrés, sans drame ni recul : quelque chose avait, au moins ici dans cette ville et parmi ces foules, enfin évolué par-delà les blessures de l’autreté… Mais j’avais sans doute espéré une évol ution aussi concrète des « mœurs » et une libération des catégories sexuelles, au moins là, dans ce brassage formidable des cultures et des origines et des comportements ; pourtant, je n’ai pu observer qu’une affirmation de nouveaux exclusivismes et de nouvelles conduites formatées, avec leurs codes et usages et territoires respectifs : une sorte de défaite et de gâchis… Ce voyage m’a permis de comprendre plu s solidement et clairement que le regard nouveau, le regard de la nouvelle conscience sur la Terre, ne s’apparente à nulle croyance, à nul dogme, ce regard possède son propre discernement, son propre rythme, son propre pouvoir invincible, son propre mouvement matériel, sa propre émotion infinie… Il ne peut être ni apprivoisé, ni conquis, ni emprunté ! Et maintenant que le corps doit se réhabituer ici, il y a du tirage : c’est la proportion de l’eau dans l’air qui rend l’adaptation difficile, comme si l’on devait constamment se tenir hors de l’inertie… Qu’en est -il de ces milliards que nous sommes, comment transiter ? Ici, c’est l’activité de l’ego qui est observée, pour l’offrir, et c’est un labeur ingrat et vilain, mais si nous avons ainsi le sens d’une
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