Un Parcours

humaine que je ressens ici ne pourrait nulle part durer – je n’en sais rien ! Conduire, me manquait aussi ; en Auroville, je n’ai que peu d’occasions, et elles sont de courte durée, lorsque pour quelque travail je conduis la « Sumo », une sorte de Land Rover assez rudimentaire ; ici, je roule ! Enfin, pour ce trajet jusque chez Francis et Christiane, en passant par Bordeaux. René considérait le fils de sa compagne de nombreuses années, jusqu’à ce qu’il rencontre Colette, comme son propre fils : Claude F. était médecin vétérinaire et chercheur, un gars très tendu, industrieux, secret et tendre à la fois ; son décès a été une épreuve pour tous les siens ; son épouse est d’origine polonaise, une linguiste, Aniéla. Ils ont eu deux enfants, adultes maintenant. Ils avaient acquis ensemble un petit pavillon presque forestier dans le bois de Saint-Maur, non loin de Paris. Aniéla propose de m’y héberger ; elle a développé avec Colette une amitié très solide et très riche et lui voue une confiance entière ; elles se parlent souvent et beaucoup, partagent beaucoup et Aniéla semble percevoir assez justement le sens d’Au roville et de mon cheminement. Je m’y « installe » : dans la chambre du haut, sous le toit pentu, avec vue sur e ciel, je dépose mes affaires et arrange une table de travail ; Aniéla et moi ne nous voyons vraiment que tôt le matin, c’est simple et discret et intuitif. Il me faut près d’une heure pour conduire la petite « Liberty » du pavillon de Saint Maur à l’atelier de Colette le matin ; le soir, ça va plus vite, et une fois ainsi je me laisse emporter par l’avenue d éserte et brûle un feu rouge : une voiture de police me rattrape bientôt (les feux sont minutés de façon justement à ce que les gens ne soient pas tentés de prendre trop de vitesse) et je dois montrer mon permis de conduire qui date de mes 18 ans, et recevoir ma première contravention… !

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