Un Parcours
Gérard m’appelle depuis Bangui en Centre -Afrique ; il veut essayer de venir en France avant mon retour en Inde, pour que nous passions au moins une journée ensemble, enfin ! Paris : j’ai demandé à rester à l’hôtel et, en marchant dans le quartier, j’ai choisi celui qui était le moins cher, rue Gay -Lussac, nommé l’hôtel du Progrès ( !) tout près de la rue du Val de Grâce où Tu as vécu, Douce Mère ! Et lorsque je suis monté dans leur atelier, plus lumineux encore après la démolition de l’immeuble voisin, René, au lieu d’allumer la télévision, a joué la musique de la Gita que je leur avais offerte ! Marcher, marcher, partout dan s la ville, d’un quartier à l’autre, d’une foule à une autre, toute cette diversité, tous ces regards, cette vibrance humaine, cela m’avait manqué, c’est sûr ! Marcher, marcher chaque jour, des heures durant, quelle détente, quel repos que cet anonymat, c ette liberté… Pourtant mes corps, mes cœurs me manquent, comme si cette situation sans eux était anormale… Je retrouve Paul, mon adorable Paul, son grand cœur présent et ouvert et intuitif, un Paul devenu presque Asiatique avec ses 83 ans. Et je retrouve G érard F., que l’amour a gardé lucide et perceptif, logé dans un drôle de village près de Montereau – je me suis perdu plusieurs fois avant d’émerger de ces autoroutes numérotées, au volant de la petite voiture de René qui s’appelle « Liberté » ! J’apprécie aussi d’être ainsi délesté de la petite société paroissiale d’Auroville, de ses jugements et de ses opinions et de ses conflits et de ses prétentions – mais probablement, ce luxe de liberté
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