Un Parcours
L’organ isme ose enfin se réjouir de cette légèreté – de ne pas être constamment accablé, alourdi et englué par la chaleur humide et ses rigueurs ! Un soir, dans une abbaye restaurée d’un petit village juché sur une colline, Colette et moi assistons à un concert de musique celtique donné par un homme seul, virtuose de trois instruments – deux guitares, une harpe et un tympanon ; la solitude des êtres est émouvante… Dans un coffret, j’ai retrouvé toutes les lettres que m’avait écrites Nata en réponse aux miennes (do nt je n’ai aucune trace) lors de mon « exil » et je ressens la même incompréhension ; que s’est -il donc passé, vraiment ? Ces lettres sont si chargées de contradictions et n’éclairent en rien le mystère de Ta décision soudaine de m’éloigner… Au pied de la grande falaise du Cap Fréhel, à marée descendante, un trésor inestimable de galets de toutes tailles, formes, tons et textures, chacun poli à perfection, reposant parmi les autres, pierres offertes, chacune unique et toutes ensemble… Gérard Faure, mon amant adulte de mon adolescence, ayant appris mon passage en France, demande à me revoir – il a parfois écrit, de son écriture soigneuse et fidèle, au cours de ces décennies… Et Francis et Christiane m’attendent : Francis souhaite passer un peu de temps avec moi chez eux à Claouey avant de subir une opération, soit du cœur, soit d’une artère, pour laquelle ils devront tous deux venir à Paris. Beaucoup à faire dans le jardin, surtout la taille des haies et des arbres, le nettoyage du vieux tilleul, l’élagage du figuier, et Colette et moi réglons les affaires notariales, au grand soulagement de Colette qui, comme moi, déteste le désordre.
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