Un Parcours
Le voisinage a perdu beaucoup de son charme : les maisonnettes confortables qui servent de résidences secondaires se sont implantées dans les champs alentour, une médiocrité satisfaite et presque uniforme, il faut aller plus loin des routes pour retrouver le sens du pays, ses âges d’expérience… Mais il demeure beaucoup de douceur et de secrète richesse, les arômes et les baies sauvages le long des sentiers, la morsure de l’air vif, les senteurs de l’air de la mer, le goût des galettes, les marches revigorantes sur la digue en plein vent, les merveilles de la roche et du lichen, les petits ports encastrés, les berges tranquilles des rivières, les ajoncs fouettés par le souffle de l’air, la menthe et la bruyère … La propreté aussi ! Mais quelle est la solution progressive pour l’humanité entière ? Peut-il y en avoir une ? Un peu partout se présentent les signes d’un effort collectif de recouvrer une harmonie avec la nature, les petites pancartes discrètes le long des chemins de falaise, les ronds-points fleuris avec soin, l’entretien attentif des bois et forêts… Comme si cette société s’était ressaisie juste à temps… Alors que l’Inde se laisse entraîner dans un gouffre de consommation aveugle, qui détruit et enlaidit et trahit tout… Colette a pu enfin me raconter son expérience – bien pénible – de sa dernière « maladie » : elle a dû être opérée d’une tumeur du colon, après avoir, en Auroville, ressenti des douleurs et des nausées aigües et consulté notre Datta de l’Ashram qui l’a de suite prévenue de cette probable nécessité : tout ce que cela lui a montré, de sa propre nature plus ou moins subconsciente…
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