Un Parcours

Il y eut des séquelles et probablement un tendon majeur avait dû être rompu, car je dus désormais constamment contrôler la position de ma jambe droite, qui tendait à trop s’ouvrir vers l’extérieur. Quelques années plus tôt, lorsque j’allais aider Selvam à aménager ou repeindre sa maison sur la plage à Simplicité, il arrivait souvent qu’un petit bonhomme du village voisin vienne nous assister ; il adorait Selvam et sa présence était d’une qualité très rare ; petit de taille, adolescent menu, à la physionomie très typée, dotée de sa propre harmonie singulière, son cœur vivant le portait à nous suivre dans Auroville ; nous lui trouvâmes bientôt un emploi comme assistant dans le bureau de dessins d’Asha où il apprit facilement à exécuter toutes sortes de plans détaillés et à construire des maquettes élaborées ; ainsi il s’intéressa, tout en venant souvent nous aider sur le chantier, à la voie du constructeur, du bâtisseur. Lorsque son père mourut, assez soudainement, il devint évident que plus rien ne le retenait au village et que sa vie serait ici parmi nous. Et bientôt il vint vivre avec moi, une présence très calme et attentive ; il n’y avait aucune ambigüité dans cette relation et sa confiance était pure et transparente. Je lui laiss ai la petite chambre à l’étage et m’installai dans la chambre d’Auragni (celle que j’avais faite construire pour sa naissance). Cela changea cependant mes rythmes de vie relationnelle et lorsque je souhaitais rencontrer un ami, il fallait trouver un lieu e xtérieur et relativement isolé, ce qui s’avérait parfois comique.

J’écrivais souvent – à part la correspondance régulière avec Colette – de courts textes, à tel ou tel sujet d’importance pour Auroville, comme à propos du Matrimandir ; je révisais et

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