Un Parcours
convenu qu’il viendrait me retrouver, mais il dut être empêché et je renonçai à l’attendre assez tard et m’endorm is ; le besoin d’uriner me réveilla et je sortis, encore bien ensommeillé et conscient de mon rêve, sur le toit, et là où je n’avais pas jugé nécessaire de poser une balustrade, j’avançai dans le vide et soudain fut projeté avec une grande force, horizontalement, sur les dalles de pierre bordant le jardin ; je tombais sur le côte droit, avec une violence inexplicable ; la douleur fut immédiate, comme si la hanche droite avait été fracassée ; après un long moment, je parvins à me traîner sur le sol jusque dans la pièce du bas – heureusement je n’avais pas verrouillé la porte d’entrée – et à m’étendre sur la couche près de la table d’offrandes. Et je restai là plusieurs semaines ! Car je choisis de ne consulter personne, de n’être transporté nulle part et de l aisser le corps se réparer tranquillement. Je fus découvert ainsi le lendemain matin, par Kr, justement, qui s’en fut prévenir tout le monde ; Anand fut celui qui s’occupa de tout et jour après jour se chargea des corvées de nettoyage. Durant ces semaines d’immobilité, les uns et les autres venaient tout à tour, le plus souvent pour le travail ; un Aurovilien docteur de formation, Lucas, prévenu, vint m’ausculter et déclara que je faisais la chose juste en attendant simplement que le corps soit prêt à se mouvoir à nouveau ; la première fois que je me relevai, ce fut à l’insistance de Gupi qui, en la présence de Deepti et de Toine, me convainquit que je pouvais, en m’appuyant sur lui et pratiquement dans ses bras, me dresser debout ; ce rétablissement fut si intense, que je fondis en larmes : être debout ! Puis, je commençai à faire quelques marches, à l’aide d’une canne, et à vaquer à diverses tâches dans la maison et, un jour enfin, je pus retourner au Banyan et au Matrimandir et gravir, lentement, la rampe menant à la Chambre.
456
Made with FlippingBook flipbook maker