Un Parcours

même vill age et de la même famille, se devaient d’établir des relations claires et justes avec ces employés qui étaient astreints à une discipline apparemment plus stricte et inflexible ; fréquents donc étaient les « glissements » et les abus d’autorité ; comme l’étaient les rancœurs, les heurts et les plaintes. Cette année-là, il y eut une tentative, principalement de la part de ceux des « Français » fidèles qui soit avaient choisi de rester en Auroville malgré le son du glas donné par Luc Venet, alors encore auréolé de sa proximité avec Satprem, annonçant la « fin d’Auroville », soit étaient revenus pour essayer encore et malgré tout de vivre ensemble au service du rêve, d’établir ce qu’ils nommèrent une « Sangha » en référence à un terme cher à la culture de l’Inde pour distinguer une communauté d’âmes s’unissant concrètement pour la réalisation d’un certain enseignement spirituel. Si je comprenais leur intention et leur besoin de ne pas céder aux forces du mélan ge, le principe même d’une telle tentative alors que Mère avait initialement et radicalement fixé la barre beaucoup plus haut, plus vaste et plus intégralement, me semblait un peu ridicule ou prétentieux ; mais il y avait du mérite à vouloir d’abord établi r des règles de vie et de partage avec ceux en qui l’on pouvait avoir pleine confiance avant de s’aventurer à s’élargir et inclure davantage de membres « inconnus ». Leur argument principal était qu’il était devenu nécessaire de se garder de l’appareillag e de la « Fondation » gouvernementale et d’apprendre à s’organiser indépendamment, à l’abri des effets corrupteurs de l’exercice du pouvoir ordinaire. Pourtant il me semblait que l’ « imposition » de cette structure étrangère sur le chemin d’Auroville ne pouvait, ne pourrait être défaite ou rendue obsolète que par notre progrès de conscience, La valeur du respect en était d’autant plus haute.

448

Made with FlippingBook flipbook maker