Un Parcours

encore nous dispenser d’une circulation de l’argent dans la communauté même ? Comment traiter équitablement les différences de capacités et d’aptitudes entre les individus, comme les différences entre leurs besoins respectifs ? Auroville ne disposait d’aucun « capital » et dépendait de trois sources de revenus : les contributions individuelles de ceux qui soit avaient des ressources personnelles, soit recevaient des fonds de leurs familles ou de leurs proches ; les profits effectués par les unités productives, incluant les revenus des « maisons d’hôtes » ; les donations, spécifiées ou non. Le Matrimandir, ainsi, n’a été construit qu’à l’aide de donations, la plupart venues de l’intérieur de l’Inde ; l’unique contribution d’Auroville a été celle des travailleurs volontaires. Mais même le soutien matériel de ceux qui choisissaient de travailler régulièrement au Matrimandir et n’avaient aucun moyen personnel de subsistance, avait été jusqu’en 1994 pou rvu par les donations directes. Nous pûmes alors obtenir de la communauté que les « maintenances » des Auroviliens travaillant au Matrimandir soient inclues dans le budget collectif. Cependant nous avions à traiter avec les retombées sociales de la condition d’ « Aurovilien » qui était de plus en plus fréquemment et habituellement confondue avec un statut porteur de certains droits et avantages, et les jalousies, les envies, les comparaisons, les frustrations et les jugements circulaient et compromettaient la réalisation d’un équilibre progressif dans notre aventure commune. Or, nous avions, en ce qui concerne le Matrimandir, dû faire appel à une force ouvrière locale considérable : jusqu’à 400 travailleurs étaient employés sur le « chantier » et les Auroviliens, dont certains étaient d’origine également locale et même parfois du

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