Savitri - Book Eleven - Canto 1

Indignant at the impediments of Time And the slow evolution's sluggard steps, Lead not the spirit in an ignorant world To dare too soon the adventure of the Light, Pushing the bound and slumbering god in man Awakened mid the ineffable silences Into endless vistas of the unknown and unseen, Across the last confines of the limiting Mind And the Superconscient's perilous border line Into the danger of the Infinite. But if thou wilt not wait for Time and God, Do then thy work and force thy will on Fate. As I have taken from thee my load of night And taken from thee my twilight's doubts and dreams, So now I take my light of utter Day. These are my symbol kingdoms but not here Can the great choice be made that fixes fate Or uttered the sanction of the Voice supreme. Arise upon a ladder of greater worlds To the infinity where no world can be. But not in the wide air where a greater Life Uplifts its mystery and its miracle, And not on the luminous peaks of summit Mind, Or in the hold where subtle Matter's spirit Hides in its light of shimmering secrecies, Can there be heard the Eternal's firm command That joins the head of destiny to its base. These only are the mediating links; Not theirs is the originating sight Nor the fulfilling act or last support That bears perpetually the cosmic pile. Two are the Powers that hold the ends of Time;

T’indignant des entraves qu’imposent les années Et des pas traînants et tardifs de l’évolution, Ne mène pas l’esprit dans un monde ignorant A risquer trop tôt l’aventure de la Lumière, Poussant le dieu lié qui somnole dans l’homme A s’éveiller parmi les silences ineffables Sur d’infinies perspectives de l’inconnu, Franchissant les derniers confins du Mental, La périlleuse frontière du Supraconscient, Dans le danger de l’Incommensurable. Mais si tu ne veux attendre ni Dieu ni le Temps, Fais donc ton travail, et contrains le Destin. Comme j’ai repris de toi ma charge de nuit Et repris de toi les songes de mon demi-jour, Ainsi je reprends la clarté de mon Jour entier. Ce sont mes royaumes symboles, mais ce n’est pas là Que peut être fait le grand choix de la destinée Ou émise la sanction de la Voix suprême. Tu dois gravir une échelle de mondes A l’infini où nul monde ne peut exister. Car ni dans l’ampleur où une Vie supérieure Exalte son miracle et son mystère, Ni sur les cimes lumineuses du Mental, Ni dans l’enclave où l’esprit subtil de la Matière Se cache dans ses repaires étincelants, La commande de l’Eternel peut être entendue, Qui joint la tête de la destinée à sa base. Ce ne sont que des chaînons intermédiaires ; La vision originelle ne s’y trouve pas, Ni l’acte qui accomplit, ni l’ultime support Qui soutient à jamais l’édifice cosmique. Deux sont les Pouvoirs de part et d’autre du Temps ;

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