Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Toujours sans bien comprendre – les méridiens dit-on -, ce voyage est beaucoup plus fatigant vers Paris que vers Sincérité, qui d’ailleurs n’est en fait pas fatigant. Je remarque cependant que je mets cette fois beaucoup moins de temps à me retrouver sur mes deux pieds, et sans dormir debout ! Hier matin René et moi étions à 10h du matin au Luxembourg : soleil naissant, temps frais, jardin silencieux. Mais quel jardin, celui de Sincérité : un enchantement qui semble prendre racine dans le corps ! Et à propos du corps, je suis toujours émerveillée par cette force d’inscription qui n’a besoin d’aucune pensée : par exemple, et entre bien d’autres moments, une sorte de signal qui s’allume dans le corps, et quand je descends à Londres je regarde automatiquement ma montre – tu arrivais à bicyclette pour ton repos d’avant le déjeuner… etc. … J’ai repris doucement le travail ; et dés après-demain je mets en ordre mes notes, et les passages de mes lectures sur ta terrasse. … Dans la mesure où cela t’est possible – je connais on ne peut mieux ton emploi du temps – tu me donnes des nouvelles même en style abrégé, des uns, des autres, du travail au Matrimandir… Avez-vous reçu de l’argent ? … Je vois, je lis, j’entends… des évènements de Bombay ; bien sûr, il y a tout le contexte indien, mais je m’étonne que personne ne dise combien tout cela est du même acabit que tout ce qui se passe en Russie, Yougoslavie, etc. … J’ai plus que jamais une profonde reconnaissance pour ce que tu m’apportes et me fais découvrir. J’ai passé des jours très forts, très doux, très sûrs. Lundi 15

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