Lettres à Divakar jusqu'à 2005
On dirait qu’il y a là, en moi, un lieu connu et reconnaissable, et en même temps que je découvre, surprise. Un temps qui fait la jonction entre le temps d’avant et ses images sur tant de photos, et le temps de maintenant et d’après. Un lieu que je reconnais lui aussi comme mien, qui se manifeste là en tant que lieu vivant, présent, sans que pourtant j’en sois consciente. Et cependant … la conscience n’est pas loin, puisque dans certaines situations je le perçois (le rapport perception/conscience serait ici à approfondir). C’est drôle, ce lieu, il me fait penser à la plage de Chateauserein : transmission, incarnation d’un temps immuable… Avant de poursuivre, et pour rendre les choses simples, je pense que mon « aventure psychique » n’a rien d’exceptionnel ! L’essentiel c’est de ressentir son caractère chaque fois unique pour chacun de nous. Tout cela serait incomplet si je n’abordais pas maintenant les trois situations, absolument indissociables désormais auxquelles cette photo m’a sur le champ renvoyée, et qui représentent le plus délicat – peut-être le plus mystérieux à communiquer. Trois situations, trois êtres, trois hommes. Dont je peux me dire, me demander, s’ils ne sont pas justement, comme moi, avec moi, lors d’une minute précise, en communication avec un temps hors du temps. Et si je t’en parle de cette manière, qui est avant tout bien au-delà, totalement étrangère, à ce qu’on pourrait appeler « la petite histoire », c’est que, à la fois, je ressens ces situations comme absolument naturelles et ne les « comprend » pas vraiment. Autrement dit, que vient faire le besoin de comprendre, qui pervertit, complique, et nécessite qu’on lui trouve une place plus authentique et coopérante ? Plus réelle. Ilan, Fournel, Arjun. Ne t’étonne pas ! Ilan. Depuis le premier jour où nous nous sommes rencontrés (j’avais une jupe et un pull violets, m’a-t-il rappelé dernièrement), ses manifestations, disons de
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