Lettres à Divakar jusqu'à 2005

j’ai fait au cours du repas ce qu’on appelle une « sortie », inattendue pour moi, et pour les autres donc ! Voici : ça tournait comme tant de dîners autour de la « politique » ; ils étaient en train de discuter, René en tête (qui pourtant, au dehors, ne manque jamais de s’en plaindre) de tout : les entreprises capitalistes, Tapie, la nomenklatura, que sais-je encore ; et en particulier du fait que personne n’est au courant de ce qui se passe en réalité dans toutes ces affaires politiques… Alors, justement, me suis-je dit ce soir-là plus intensément que d’habitude, pourquoi ces discussions de « café du commerce pour intellectuels » ?! Et je suis partie… ; je ne retiens de ma diatribe que ces mots : « vous êtes en train de critiquer tout un système avec les mêmes arguments et les mêmes tics que ce système, vous utilisez un mental qui ne peut que tourner en rond… ! » Honnêtement, René m’a donné raison, mais on aurait dit que je lui, que je leur avais donné un coup sur la tête ! Après quoi, plus tard, je n’ai plus très bien su si j’étais contente ou gênée (les deux sans doute) de m’être exprimée… …Voilà ; on va partir au bourg. Je pense fort à toi, on est ensemble, et je t’aime, et je t’embrasse plein,

Colette.

***

Vendredi 12-6-92

Aimé,

Nous sommes donc partis des Prévôts avant-hier, de très bonne heure le matin : une lumière légère enveloppait tout, et je me suis demandé un temps (René aussi je crois) pourquoi cette drôle d’idée de rentrer à Paris… comme une

932

Made with FlippingBook flipbook maker