Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Les Prévôts, Lundi 9 juin 92
Aimé,
Eh bien voilà, oui, c’est très beau. Et malgré les prévisions de toutes les météos, nous avons un temps merveilleux… … « Mes » petites routes sont verdoyantes ; avec, aussi, chèvrefeuille et aubépines ; et ce que je n’avais plus jamais vu depuis mon enfance, des champs entiers de coquelicots – une année comme ça, au hasard des vents ! … Des sorties rapprochées dont je t’avais parlé : la plus agréable a été celle chez la collaboratrice de Mollereau, aux environs de Paris. Elle, Olga ; lui, Pierre ; environ 45 ans. Des gens sympathiques et proches, sans doute de nouveaux amis pour nous, très vrais. Elle, Colombienne arrivée en France il y a une dizaine d’années, après une arrestation et un emprisonnement de deux ans dans les pires conditions que tu imagines dans l’un de ces pays totalitaires. Courageuse, énergique et douce à la fois. Lui, très doux aussi, un peu timide, il s’occupe d’enfants perturbés. C’est en faisant partie d’une délégation médicale venue en Colombie pour exiger de rencontrer les prisonniers politiques, qu’il a connu Olga et … l’a épousée ! Voilà. Il connaît bien les livres de Francis sur la psychiatrie et aimerait le rencontrer. J’ajoute que, sans argent, ils se sont aménagé peu à peu une petite maison pleine de charme. Tout cela nous les rend très proches, et à certains égards plus que d’autres amis.
Quant au dîner chez Jean, le jeune juge (ami de Philippe et Ulrich), agréable, il faut tout de même que je te raconte :
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