Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Lundi 11-10-91
Aimé,
… (Je lis dans le Bulletin de l’Association que les marches de l’amphithéâtre vont être recouvertes de marbre rouge… ? Ce sera certainement très beau, mais ça me tracasse : est-ce que cela ne va pas être trop « luxueux » ?!) Nos jours sont mouvementés depuis deux semaines : à peu près à la veille de notre départ aux Prévôts, Ulrich, qui n’était pas bien depuis plusieurs jours, a dû être hospitalisé d’urgence pour une grave infection pulmonaire : service de réanimation, soins intensifs, et tout est résorbé ; mais, à peiné était-il remis qu’il a eu une perforation du colon : opération d’urgence, soins intensifs de nouveau, etc. Actuellement, il va bien. Très suivi, très bien surveillé ; Mollereau l’a vraiment sauvé : c’est le meilleur médecin que je connaisse, parce que c’est un homme conscient, attentif, et à l’écoute de l’autre. En fait, c’est le sida. Or, tant qu’Ulrich a voulu vivre dans l’ignorance de ce qu’il risquait d’avoir, l’angoisse ne le quittait pas ; et maintenant, l’angoisse a disparu, il devient conscient, et veut lutter et « travailler ». (Il souhaite me rencontrer, seule, dés qu’il le pourra. Une responsabilité pour moi, je vais en tout cas essayer de lui transmettre ce qui fait la substance de nos dialogues à toi et moi.) René s’occupe beaucoup de lui. Mais, alors que j’avais imaginé Philippe très fort, ce qu’il va sûrement devenir dés qu’Ulrich sera rentré, il est pour l’instant désemparé. Ils sont liés l’un à l’autre de façon absolue. Si bien que Philippe couche à la maison… Je ne sais ce que tu peux arriver à tirer de ce que tu lis dans les journaux sur le « scandale de la transfusion » ; j’attends de te voir pour en parler avec toi, dans la mesure où je sais
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