Lettres à Divakar jusqu'à 2005

dirais pas des apparences seules, mais de ce qui risquait de devenir un jour trompeur. Tout de même – tout de même ! - , dommage que je m’y prenne seulement maintenant ! Mais je pense en même temps que tout ce que je dis là est incomplet ; il faut donner sa place à la maturation des choses – ce que tu m’aides si profondément à faire… Pour René : il a vu le neurologue hier, passé des examens. Diagnostic : ce n’est pas une maladie de Parkinson, c’est effectivement « familial », côté Tzanck ; ce n’est pas grave, mais ça ne se guérit pas ! Pronostic atténuable grâce à la mise au point d’un traitement, et sans doute la suppression d’un médicament. Si René n’est pas du tout attentif, moi je le suis, et je sais bien que cela peut être atténué, cela se passe ainsi journellement. Je comprends combien c’est pénible pour lui, mais ce qui m’inquiète c’est ce fichu terrain dépressif et comment il y a dans tout ça des liens, des autosuggestions… Je pense souvent en ce moment à André Tzanck, je revois ce jour, dans le Midi chez les avocats, où nous avions tous été le chercher dans son joli village provençal pour aller déjeuner. Dieu sait s’il pouvait s’agripper à deux mains à son verre pour boire, mais il en riait ; et certainement parce qu’il pouvait continuer, curieusement, à peindre… René n’a pas de centre d’intérêt. Enfin, je pense de plus en plus ce que tu m’as dit et répété : si je vais bien (dans le sens de ce que je dis plus haut), la situation s’améliore.

C’est tout ce que je voulais te dire aujourd’hui, mais je ne voulais pas tarder à te le dire.

Hier déjeuner avec Janine Anquetil à la Closerie, je t’en parlerai un peu ; c’est, je le crois, un lien qui s’établit progressivement, simple et sûr.

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