Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Quasiment pour la première fois, René n’est pas du tout impatient de rentrer à Paris ; je dirais même qu’il accepte d’être bien ici ! Par ailleurs, l’autre soir à dîner, je l’ai entendu expliquer à Guite, enfermée dans certains préjugés, l’esprit d’Auroville, sa tentative, etc., en des termes très justes, mis à part certains enjolivements qui sont sans doute le fruit de ses animosités passées… … J’ai reçu une lettre de Janine Anquetil ; elle m’apprend que ses deux fils t’ont bien connu, et que vous formiez un groupe avec le fils de Jorge Semprun (Jaime), et celui de Marguerite Duras – tout ça au Lycée Henri IV ; t’en souviens-tu ? Les deux fils Anquetil, Pascal et Gilles, des jumeaux… ? Nous venons d’apprendre le coup d’état à Moscou ! Et l’annonce que Gorbatchev est « souffrant » ! Bien inquiétant, cet effondrement partout, et dans tous les sens… ! Peut-on espérer que ce soient les prémices de renouvellements ? Raconte-moi… - mais vraiment si tu en as le temps. D’ailleurs, je trouve que tes réponses sont toujours une façon de te raconter ; et que tu me dis le maximum. Alors je ne sais pas très bien ce que je veux dire là ; peut-être est- ce en rapport dans mon esprit avec ce que j’ai abordé… à propos et autour de Susan… Voici quelques pétales de roses ; ils sont si fins qu’ils se froissent, même sur les branches – en fait, j’en supprime, si bien que les « quelques » sont seulement deux ! … Je suis avec toi, et communique beaucoup, avec souvent beaucoup d’acuité. Je t’embrasse tout plein,

Colette.

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