Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Est-ce qu’on ne peut être que totalement – et ce serait déjà bien – une part de soi-même, dans telle ou telle circonstance ? Ces questions que je me pose – et, je le répète, à travers une sorte de naïveté – ne sont-elles pas liées à un travail de réalignement qui comporte nécessairement quelques troubles, un peu comme lorsqu’on fait un brouillon avant un texte ? Et enfin, ne suis-je pas assez pressée de me sentir entière le mieux possible ? (Je t’ai déjà un peu dit tout cela ; mais ça fait partie de tout un mouvement qui m’amène à m’exprimer à la fois dans de mêmes termes, et des termes un peu différents ; je crois que je chemine vers l’avant, sans faire – heureusement peut-être ! – de bonds en avant…) Je pensais hier : il y a celle au 27 avec ses « patients », celle qui est aux Prévôts, etc. Je pensais à certaines de mes difficultés à coexister avec quelques autres rythmes que les miens, et puis je me suis dit tout à coup… que je me baratinais beaucoup trop avec mes « rythmes »… ! Je crois que c’est vrai : je me demande si je ne me limite pas en posant comme je le fais cette question de rythme ; certes, on a ses propres rythmes, sa propre harmonie à leur contact, mais il ne faut pas en faire une exclusive, avec à l’arrière-plan, comme je crois le déceler aujourd’hui, une sorte d’idéalisation, de … fierté. Il faut que j’ouvre, là, une issue, je sens bien cela, et je voudrais que cela se fasse naturellement, comme une bonne marche… Et à propos de marches, de dos, c’est un peu la même chose, je pense, une expérience globale. Il y a des jours où les douleurs ou fatigues se réveillent, je ne suis pas contente, et je n’arrive pas encore, pas toujours, à repérer pourquoi, je suis déçue, impatiente… et puis il suffit que je m’étende cinq minutes et cela disparaît tout à fait - ce qui
est très nouveau. Apprentissage… !
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