Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Lundi 19-8-91
Aimé,
C’est rituel, après le 15 août il commence à faire frais, et je porte mon beau châle de ma fête… J’ai pensé beaucoup à toi : il y a trois jours, dîner avec Guite à Saint Servan dans un restaurant tout simple ; terrasse devant une sorte de mer intérieure avec quantité de voiliers au repos, à l’horizon une digue, au-delà la pleine mer et les gros bateaux qui rentrent lentement à Saint Malo ; tout semblait baigner dans le calme, seul le bruit des mouettes, avec l’une d’elles qui était venue se percher sur un pilier et… pérorait à n’en plus finir… Et puis hier Guite (qui vient de repartir chez elle) et moi avons refait cette charmante promenade par la Rance, René n’étant pas venu… ; le charme ce sont les rives qui découvrent les petits manoirs, les oiseaux – et il y avait un temps superbe… René, qui depuis un an s’est déniché une cousine de 83 ans dont la qualité essentielle est qu’elle a très bien connu tous les Tzanck, est parti déjeuner avec elle à 75 km d’ici ; elle nous invitait à passer quelques jours chez son fils dans le Cotentin ; on n’en a pas eu envie, si bien que ce repas à mi- chemin compense notre refus… et si bien que je suis seule à la maison, toute tranquille. Tout à l’heure j’irai à pied au bourg… C’est curieux : ce réajustement… crée nécessairement des sortes de remous. Je m’exprime mal ; ce qui est curieux ce sont les impressions accompagnant ces remous. Par exemple je suis quelquefois mal à l’aise parce que je ne me sens pas totalement moi-même dans diverses situations. Est-ce naïf de prétendre être totalement moi-même partout ?
881
Made with FlippingBook flipbook maker