Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Et c’est bien d’ailleurs à ce niveau-là d’exigence, d’honnêteté, de non tricherie, que les choses, les relations profondes s’établissent entre nous. Les difficultés, c’est comme avec l’Océan : pour atteindre la zone où l’on peut nager pleinement et harmonieusement, respirer à un rythme bénéfique, il faut traverser de hautes, et parfois violentes, vagues – « vagues » qui sont, souvent, le contraire de cette exigence, honnêteté, bonne foi… Et le quotidien – « quotidienne morale », dirait Francis – est important pour moi. Je ne sais pas encore suffisamment bien me situer à la bonne place pour être sereine et forte, dans ce quotidien-là, mais à coup sûr j’apprends. J’apprends déjà à me demander : « Mais quelle importance cela a-t-il ? », sans tomber dans l’indifférence. A être ailleurs, sans m’éloigner de… etc. Pourquoi certaines « mœurs » chez René me rendent-elles malade, sinon, en partie, par mes propres fixations qui, pourtant, sont liées à ma propre exigence… ?! Le tri, l’ajustement est complexe. Je suis sûre que tu vas déblayer tout ça ! … J’ai fait l’autre nuit un rêve incroyable : c’est qu’il réunissait en une fois chacun des thèmes marquant l’un de ces rêves pénibles qu’il m’est arrivé de faire… Tout y était. Le déclenchement, du moins le principal : dans la journée on s’était perdus dans Saint Servan, chaque chemin sans issue. Mais il y avait aussi certainement quelques arrière-plans : de fines perceptions derrière les sentiments extérieurs. Quelle leçon ! Mardi 13
Je t’aime,
Colette.
***
880
Made with FlippingBook flipbook maker