Lettres à Divakar jusqu'à 2005
En fin de journée hier, un grand souffle puissant à la Pointe du Décollé, qui rendait un peu ivre. Les récentes tempêtes ont amené dans le jardin des graines de pâquerettes qui le tapissent, et de buissons de ravissantes petites fleurs blanches que je ne connaissais pas.
… Il faut que je te dise aussi que j’ai commencé à lire « La Vie Divine »… et j’aurai sûrement des questions à te poser !
… Je veux te dire encore un merci du fond et de tout mon cœur, avec plein de baisers,
Colette.
***
Jeudi 23-5-91
Aimé,
Voilà, nous sommes rentrés hier soir… … Tout de même, et tu vas imaginer combien j’ai pensé à toi : la falaise, 6 h 30 le soir, la marée basse découvrant maints rochers… et surtout, surtout, le sol, la grimpée, les versants, tout autour de nous devenu une lande somptueuse, c’est l’époque, un foisonnement d’ajoncs d’or, d’aubépines, de jacinthes sauvages au bleu profond, de hautes herbes grenat et les mêmes, à côté, roses – et tant d’autres fleurs et plantes dont je ne connais pas les noms… … Et puis, la veille de notre départ, la nouvelle de l’assassinat de Rajiv. Je me souviens que tu m’avais dit, un jour, que mes sentiments très favorables sur lui (à distance bien sûr) n’étaient peut-être pas tous fondés… - mais comment gouverner un tel pays ?! Cela dit, je suis touchée par cette disparition.
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