Lettres à Divakar jusqu'à 2005
On dit que le Parti du Congrès va néanmoins gagner les élections, et aussi que sa femme va prendre sa succession… Que penses-tu de tout cela ? Quelles répercussions possibles ? Ici, c’est donc Edith Cresson notre Premier Ministre ; et tout de suite je veux, honnêtement, rectifier quelques mots de ma précédente lettre. Nous l’avons entendue lors d’un long entretien, ainsi que, hier, présentant son programme à l’Assemblée. Eh bien non, ce n’est pas le même discours que ses prédécesseurs, pas les mêmes mots, du tout. Ou plutôt ce sont ces mots traduits en projets concrets, réels, énergiques. Je ne sais, personne ne sait, si elle y arrivera, mais aucun homme au gouvernement n’a eu ce langage. Et elle est d’une étonnante tranquillité… … Je n’ai pas oublié ce jour où m’enorgueillissant des rangements que j’accomplissais sans souffler… tu m’as rappelée à l’écoute et au respect du corps… ! Il est possible que dans mes marches je ne sache pas prévoir et que je me laisse entraîner à en faire trop… Je crois, tu vois, que je ne sais pas bien harmoniser ma … jeunesse et mon âge réel. Ce n’est pas facile. Refuser de se limiter et accepter ses limites… Je crois que là, en ce moment même, et j’ai essayé ce matin, je perçois ce que peut représenter cette concentration que tu viens de me recommander : au-dessus de la tête, au fond de la poitrine. Aussi, et il faudra que j’arrive à te le formuler, une perception me traverse et puis je ne peux rien saisir, ça file ; c’est aigu, et je reste là, balourde, comme l’autre jour en marchant sur la digue à Dinard. Je crois qu’il s’agit plus ou moins de limite ou de pas de limite. Plus tard
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