Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Mercredi 7-11-90

Aimé,

Trouvé hier, juste au retour des Prévôts, ta lettre du 28 – de ton « îlot » entre les fuites… dés que tu peux tu répares, hein !... les infiltrations c’est un petit cauchemar pour mon goût ! … J’ai beaucoup pensé à toi tous ces jours. Tu m’avais parlé dans ta dernière lettre du prochain pas à faire, face à cette « rupture »… Evidemment, mes pensées actives ne pouvaient être qu’en décalage ; et en même temps non, je pense. Aujourd’hui tu me dis que ce passage a été redoutable ; mais, si je comprends bien, tu as trouvé le processus fondamental de la décantation ? … Une chose… sur laquelle je veux beaucoup insister : que tu traverses ainsi des périodes « redoutables » ou certaines crises pénibles, n’est pas, c’est le moins qu’on puisse dire, pour me plaire ; mais me dire que je pourrais les ignorer (même globalement), c’est encore moins de mon goût ! Je veux, parce que j’y crois, pouvoir à distance, par la présence de mes pensées, partager, aérer – telle que je suis et peux être, de là où je suis. Le processus de décantation dont tu me parles, me semble juste, et je crois qu’il s’exprime de diverses manières, ainsi à propos de René. Je te résume – une manière de t’accompagner avec ce que je découvre à la faveur de certaines « crises »… : pendant longtemps une nette amélioration sans passer par les habituelles périodes mégalomaniaques ; puis il a repiqué ces derniers temps, mais une dépression moins profonde cependant. Donc, de quoi être plus tranquille. Malheureusement, le matin du départ aux Prévôts, Nième réédition : angoisse du départ, étalage inouï des quelques préparatifs de ses bagages (refus implacable de les préparer la veille) ; bref, à la fois souffrance et indiscutable saccage

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