Lettres à Divakar jusqu'à 2005
… Puis à propos de René … Après avoir souffert de mon impuissance – à part être « présente » -, j’ai appris à m’installer dans une distance tranquille, d’où je pense et ressens qu’il faut accepter de le laisser seul avec lui-même, intérieurement ; les dépressions… sont variées… et souvent des processus si complexes ! Cette nuit j’ai mal dormi : Aniela était venue coucher à la maison pour pouvoir se lever très tôt ce matin sans trop de fatigue, car elle sort d’un lumbago qui l’a clouée au lit plusieurs jours ; je voulais donc me lever encore plus tôt qu’elle, ce qui a perturbé mon sommeil. Alors, dans les moments d’insomnie, j’ai rêvassé et je t’ai écrit dans le flot une lettre imaginaire – ou plutôt je te racontais de ces sentiments que je vis en ce moment, une expérience très nouvelle pour moi du moins sur le plan de mon travail, et des « relations » qui se nouent, non plus seulement avec Lydie, mais avec ce patient, compositeur dont je t’ai peut- être parlé, et qui imprime à son analyse un tour immodifiable, qui a une réalité et une vérité qui m’émeuvent. Je t’en parlerai en même temps que des femmes analystes, ça change tout ! Il y a dans une penderie depuis 1973 une valise - qui ne me gêne nullement - remplie de lettres et papiers t’appartenant, que j’avais moi-même rassemblés là (j’avais entrevu une correspondance avec Nata). Alors, on les laisse comme ça ? J’essaye de te les faire parvenir ? Je les trie selon tes instructions ? Tu dis.
Voilà ; à très vite, je t’aime,
Colette.
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