Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Vendredi 29-6-90
Aimé,
… Rapport détaillé de réponses obtenues à la demande de Selvam d’être employé par une organisation comme l’OMS, pour s’éloigner de son environnement familial et faire une expérience plus ouverte du monde… … Les choses vont leur rythme. Mon travail avance, les marches aussi, un peu de gymnastique, et plus que la cuisine à ranger ! René va nettement mieux, il n’aurait pas pu s’en sortir s’il n’y avait eu ce traitement médical très adapté, très réfléchi, très équilibré ; il faut bien le reconnaître : à un moment, il faut une aide de ce genre. S’en sortir par ses propres moyens demande d’être assez… évolué, ouvert ; or, si on est cela, je crois qu’il n’y a pas place pour des crises aussi profondes et aussi longues… Du coup, puisqu’il va mieux, je suis… en colère parce qu’il n’a pas fait un seul geste pour m’aider dans mes rangements, assez costauds faut dire ; alors qu’en pleine dépression il répétait combien il « aurait » besoin d’ordre, aujourd’hui c’est tout juste s’il ne trouve pas que je suis un peu maniaque ! C’est pas grave : je suis contente d’avoir fait, seule et tranquillement, ce que je souhaitais faire, et d’autre part cela me fait du bien parfois d’être en colère ! Cela me fait respirer et me libère de tout ce qui pourrait s’apparenter à une sujétion, inopérante évidemment, à la douleur de l’autre. Une chose me frappe beaucoup, c’est la stéréotypie des attitudes mentales ou d’un certain vital : par exemple, René qui ne mangeait plus tant qu’il était déprimé, se remet à se nourrir mais d’une manière boulimique et impulsive. Pas facile pour certaines personnalités de faire sauter les limites, les automatismes. Je pense quand même qu’il va trouver, avec Sami Ali, une bonne issue…
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