Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Faux mouvements qui répondent automatiquement aux obstacles, et qui ne peuvent être mis en échec que par la conscience : or, quand on attrape cette zone de conscience, on est souvent frappé de leur fragilité en quelque sorte ; bien sûr ils savent rappliquer à la première occasion, mais si le « jeu » se répète – en cela il faut être patient ! -, ils finissent par céder. Tout mon dimanche 6 mai je t’ai rendu plusieurs visites, et ça m’amusait de regarder l’heure et de savoir que c’était celle du ménage, de la lessive, du repos… Tout ce dimanche je l’ai passé, en dehors de la marche au Luxembourg et de la pause déjeuner au bar du russe « Dominique », à commencer… ! Commencer à mettre dans des cartons tous les livres qui s’amoncellent, étouffants, mon but étant de garder les « vrais » - intéressants ou importants. C’est un sacré boulot : quelle gymnastique ! Ils sont donc montés dans la loggia, bien étiquetés de surcroît ; j’étais soulagée de faire ça… Je voudrais tellement une maison aussi nette que celle des Prévôts ! Soulagée aussi de m’être assouplie, apaisée, et d’avoir accepté la réalité sans m’entêter : il se trouve que René, enfin, a un besoin physique et moral d’ordre. Mais… il ne peut pas faire de travail de rangement : j’ai vu, compris, découvert pleinement les affres dans lesquels le met un classement, un choix à faire, les gestes nécessaires qui soudain l’angoissent… Alors je me suis mise à l’œuvre, car nous y avons l’un et l’autre tout à gagner… A part ces occupations dominicales : mes patients avec lesquels, certains d’entre eux surtout, je fais un travail bien intéressant (Lydie en particulier) ; et puis j’écris mon texte… … Mardi dernier, jour de congé du 1 er mai, nous avons réussi, Guite et moi, à entraîner René à Bagatelle : encore trop tôt pour les roses et les iris ; mais des massifs, des accords de formes et de couleurs, harmonies entre hautes
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