Lettres à Divakar jusqu'à 2005

tulipes et hauts myosotis, entre pavots oranges et jaunes… des merveilles !

Oui, c’est juste, ce que tu avais dit à René : que nous avons tout pour avoir une fin de vie heureuse… Mais il décroche, dans l’angoisse… Il y a une sorte de rouleau compresseur qui pousse dans l’autre sens. Alors je me bats, je me bats pour le tirer de là (tout en me disant parfois qu’après tout c’est peut-être une atteinte à la liberté de l’être, qui veut « choisir » une telle issue ?)… N’empêche, je me bats, et j’ai réussi je crois, parce qu’il rencontre (autrement c’est « non » à tout) Sami Ali, qui l’avait tiré d’affaire lors de sa dépression d’il y a 20 ans. C’est le seul psychanalyste fait pour René : sa générosité, sa gentillesse, sa non orthodoxie – et puis, il est oriental ! J’attends de cette rencontre, la semaine prochaine, un lieu, un point où accrocher le début d’un autre chemin. Et puis toi, qui me diras les mots pour avancer, là, en cette occurrence (bien que ton télégramme soit lui-même une réponse)…

… Je t’aime et suis avec toi,

Colette.

***

Lundi 14-5-90

Aimé,

… Aujourd’hui, crevée, flapie, courbaturée… : suite des rangements au 14 ; après les cartons de livres avec leurs fiches, après les vêtements, je m’attaque aux classeurs et, plus encore, aux dossiers, poussiéreux, énormes… ! où René a entassé, t’as aucune idée… des papiers … datant de 1936 et la suite ; coupures de journaux etc. ; j’ai tout groupé, et

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