Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Comme tu me disais, « accepter l’être » aussi… ; mais j’aimerais bien ne pas me laisser avoir par cette décalcification, ça suffit comme ça ! … Et puis il y a René : il ne va pas bien. Peut-être un peu mieux ces jours-ci ? Mais comme il dit, « je crois que je me stabilise, mais… dans la tristesse ! » Tout de même, ces mots inattendus : « je me demande si à force de m’obnubiler sur le vieillissement, ça ne s’aggrave pas ?! » Et pourtant, il est bien vrai que nous avons tout pour une fin de vie en douceur… ! Je crois qu’il paye très, très cher – entre autres – sa paresse de toujours : rien, mais rien à faire de ses journées… J’ai quand même assez d’énergie pour garder et entretenir de l’espoir. Te dirai mieux les choses, sans nécessité de couvrir des pages et des pages comme j’ai l’impression qu’il le faudrait pour te transmettre cette réalité…

T’aime,

Colette.

***

Lundi 7-5-90

Aimé,

Alors, vendredi 4 à 18 h 15 on m’a téléphoné « mon » télégramme, qui m’a accompagnée jusqu’au 6 et m’accompagnera bien au-delà ! Des mots sûrs, forts, ouverts, présents que je ne saurais jamais oublier – phares dans le travail qu’eux-mêmes impliquent. Un travail réel, concret, auquel je suis de plus en plus liée, « tendue vers », malgré cette « trame de faux mouvements solidaires » comme tu me l’écris dans ta lettre du 22…

787

Made with FlippingBook flipbook maker