Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Les Prévôts, Lundi 16-4-90

Aimé,

… Nous sommes donc là jusqu’à jeudi prochain. Je m’y plais, bien, beaucoup. Calme, douceur – surtout dans la maison… car dehors, ciel ! Pluie et froid et 3° le matin ! Tout cela, à la rigueur, pourrait s’accepter, mais il y a les surgissements de la tempête, tellement irritante, irrespirable au sens propre du terme… Déjà, une première fois dans la campagne nous avons été surpris par des pluies très violentes ; mais c’est avant-hier que, partis sous un ciel bleu faire une marche jusqu’au bout de la digue de Longchamp – la mer très agitée était superbe avec ses remous verts -, nous avons dû revenir luttant contre un vent à 100 à l’heure accompagné d’une pluie féroce qui cinglait le visage, sans compter le sable… ! Et il faut du souffle justement ! Alors je crois que je vais mieux, car je pense que je n’en suis pas morte ! Que je te dise sans tarder pour la radio de l’œsophage… : eh bien, j’ai rien ! Naturellement j’étais plutôt soulagée tu t’en doutes ; mais également agacée à l’idée que… quoi ? Cette gêne, cette lourdeur, cette lenteur et cette constriction… eh bien, tout cela s’atténue… Donc, travail, travail… Et puis il y a Mollereau, qui me pousse beaucoup à être mon propre thérapeute : à moi de doser le petit comprimé de diurétique lorsque, par exemple, l’essoufflement apparaît… Je lui suis vraiment reconnaissante, non seulement d’avoir réuni lui-même tous les éléments, puis de m’avoir adressée et conduite au médecin interniste compétent et enfin d’avoir mené la surveillance nécessaire des 15 premiers jours. A cette occasion j’ai découvert, à mon profit certes, ce qui inquiète Mollereau et qu’il appelle la médecine à 2 vitesses.

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