Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Mardi 10-10-89
Aimé,
Et moi aussi je me congratule de ma lettre qui m’a apporté ta bonne et longue réponse, très claire, très explicite, précise, épanouissante. Je l’ai déjà beaucoup et attentivement relue. Je l’assimile et la travaille en moi. Et quelle preuve elle m’apporte de cet avantage, de ce progrès que peut représenter l’acte d’écrire, l’ouverture à l’inattendu, en effet, que permet ce « rapport à la présence – présent »… Je comprends très bien aussi tout ce que tu me dis sur l’atmosphère autour de soi. L’impact en moi de cette compréhension, ce sont comme des points qui s’allument ici, là – des sortes d’étincelles de clarté qui amorcent des circuits de conscience. Quant à ce que tu me dis concernant ma trajectoire, mon « et après ?! », c’est très important. Très. Comme tu le sais, et comme tu peux le constater ci-dessus, mes réactions, ou plutôt mes réponses profondes, passent par certaines représentations, certaines images très actives, car elles s’inscrivent réellement en moi. Et durablement, lorsqu’elles correspondent à quelque chose de vraiment vrai. Cette fois, j’ai la sensation, je dirais, en même temps de conscience et physique, de sortir d’un cocon ; mais pas pour entrer, comme lors de mes précédentes étapes, dans un nouveau cocon ; plutôt pour entrer dans un espace nouveau. Tes mots « plus répandu » ont eu beaucoup d’effet. Et je sais, même si je devais rester à un certain seuil, faute d’un défrichement suffisant de ce chemin, que l’entrée dans ce nouvel espace est irréversible, quoi qu’il arrive.
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