Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Quant à moi, j’ai réussi après 3 jours de travail à me coller une vive douleur sur le devant de la cuisse gauche et à l’aine. Je te passe les diverses hypothèses pour en venir à l’essentiel : tout risque d’une quelconque phlébite écarté et après examen, il s’agit d’une « cruralgie », le nerf crural étant coincé par un œdème dû à … ? A une sensibilisation d’une vertèbre lombaire, sinon à un léger déplacement. Bon. En deux ou trois jours je gambade comme un lapin. Quant aux oedèmes, disparus en deux jours, grâce à un médicament qui m’aurait été bien utile… quelques jours avant ! J’ai donc décidé, et déjà mis en place, le temps nécessaire pour des marches quotidiennes suffisamment longues. Je pense que ces petits malheurs sont assez indépendants de ma volonté comme on dit. Cependant je sens aussi que je m’approche d’une façon plus précise de ce que je dois attraper pour ne plus laisser s’endormir un lieu de ma conscience. Là également je ne sais trop comment exprimer ça, mais c’est un rapport plus présent, plus « avertissant » que je ressens. C’est vrai qu’il y a tant et tant à apprendre à voir – voir ce qui aurait dû aveugler… ! Tu imagines tous ces « flashes » qui me traversent, je dirais de plus en plus souvent, attachés à tous ces instants forts et doux que j’expérimente chaque année ! Pourvu qu’en janvier il y ait encore du travail pour moi au Matrimandir ! Je suis sur le point de finir un roman de Jacques Attali, d’abord pris pour patienter en attendant la cessation de cet avatar physique, puis lu avec un vrai bonheur : « La vie éternelle » ; irracontable, malheureusement ! Une imagination et une sensibilité rares, une intelligence aigue, un art merveilleux dans le rapport entre mythes, textes sacrés, transmissions, secret, Réalité.
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