Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Et toi que j’aime,

Colette.

***

Jeudi 6-10-88

Aimé,

… Seconde halte sur le chemin du retour au Luxembourg. Ma place favorite : un bon fauteuil, l’allée derrière moi, devant les longs parterres de fleurs éclatants et vivants, alentour des voisins silencieux qui rêvent, lisent ou écrivent. Et là j’ai en quelque sorte médité… Pourvu que j’arrive à bien m’exprimer et à te faire partager mes impressions, fugaces pour certaines… Voilà : je suis sûre d’avoir vécu à ce moment-là, et profondément, cette « participation active » dont tu me parles ; d’avoir pu être. J’en étais donc consciente. Mais – et j’en éprouvais presque une appréhension -, je ne voyais pas le chemin qui m’y avait menée. « Par quel bout je vais prendre ça », me suis-je dit. Les maillons, où sont-ils ? J’avais l’impression d’un bond en avant, mais ce n’est pas un travail actif. Comme si j’avais été mise dans cette participation, mise, si je puis dire, dans cette activité d’un instant – restée cependant très présente… Quant aux « clés » (il s’agit de points de centrage et de maîtrise dans le corps, que je lui avais indiqués, parfois en présence de René) , c’était drôle l’autre jour : on marchait tous les deux René et moi, quand il me dit à brûle-pourpoint « je ne te dis rien, tu as les clés !... ». Je n’ai pas compris sur le moment !

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